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EN MARTINIQUE, IL NE NOUS MANQUE QU’UN ENTRAINEUR DE RENOM

Actuellement en Bulgarie, Mathias Coureur s’est livré à Nicolas Cougot pour Lucarne Opposée à propos du football martiniquais.

« En sélection, je n’ai jamais été un joueur important. Ce n’est pas une déception ni un échec parce que pour moi l’échec n’existe pas, il faut juste se battre plus, mais on représente notre île, on s’est qualifié pour une Gold Cup. Franchement, on aurait pu aller plus loin ».

Mon objectif est d’aider les martiniquais à venir jouer en Europe,

en MLS ou en AmSud

 » Petit à petit, les joueurs professionnels sont attirés pour venir en sélection, au point que si avant c’était plus facile d’être appelé en sélection, maintenant, il faut jouer dans des grands clubs. Et puis il y a des joueurs sur l’île qui ont de la qualité. D’ailleurs, mon objectif d’après carrière, c’est d’aider les martiniquais à venir jouer en Europe, en MLS ou en AmSud… Quand je vois ce que Piquionne a fait pour Parsemain, je me dis que c’est magnifique et que beaucoup d’anciens devraient en faire autant. Moi, avec le peu de contacts que j’ai, c’est mon objectif. Là, on a les qualifications pour la prochaine Gold Cup qui arrivent en mars, j’attends avec impatience, j’espère que je serai appelé ».

Revenant sur le parcours de la Martinique « Si on fait match nul (contre Panama), on est qualifiés. Mais on prend ce penalty à 5 minutes de la fin alors qu’on a joué à 10 contre 11. Après, on joue le Mexique. Et le Mexique devant 60 000 mexicains, c’est dur de gagner. Franchement, c’est une grosse compétition, tu joues dans des matchs de fous, l’organisation ne laisse rien au hasard. Tu as des installations pour s’entraîner, la Ligue 1 à côté, elle te faire rire. C’est inoubliable. A titre personnel, ça reste une aventure inoubliable. Sur le plan du foot un peu moins parce que j’ai peu participé mais je remercie monsieur Cavelan de m’avoir sélectionné parce que j’ai vécu un truc incroyable. La sélection, à chaque fois que j’y vais, c’est un pur bonheur même si je n’ai pas la confiance maximale du staff.

Il se montre confiant quant aux capacités pour la Martinique de se professionnaliser : « On a Julien Faubert qui apporte son expérience, de même avec des joueurs comme Kevin Olimpa, Steve Elana. Tous apportent quelque chose. Ils disent à la ligue comment ça doit fonctionner et à chaque fois que j’y vais, je vois les progrès, c’est de plus en plus pro. Après, je pense qu’il ne manque qu’un entraîneur de renom à la tête de la sélection. Comme ils ont fait en Afrique par exemple. Ils ont aussi progressé parce qu’ils ont fait confiance à des techniciens venus d’Europe par exemple, qui ont apporté une autre vision du foot et le mélange des deux fait que ça marche mieux. Là-bas, les joueurs ont juste besoin d’aide, un peu comme Piquionne a fait pour Parsemain. On a besoin de joueurs comme ça qui, sans pour autant s’impliquer dans la ligue, l’aide. On a besoin de leur nom, de leur crédibilité pour qu’ils soient entendus. Je pense que des Faubert, des Piquionne, peut-être un peu moi à l’Est par exemple pour aider les joueurs ».

A l’instar de la Jamaïque avec Winfried Schäffer, il confie : « Je pense que c’est ce qui nous manque. A un moment, on avait failli avoir Daniel Leclerc. Mais ça ne s’est pas fait. C’est dommage ».

On pourrait faire la Coupe du Monde

« Si on était indépendant, en CONCACAF, on pourrait faire la Coupe du Monde. Je le dis sérieusement. Regarde ce qu’on fait face à la Jamaïque. On fait 1-1 contre eux et encore parce qu’on nous refuse un but. Quand je les vois ensuite à la Copa América. Ils ont été loin d’être dégueulasse là-bas. On a joué la même équipe et sur le match, on est au-dessus d’eux. C’est pour dire qu’on a de la qualité en Martinique. Le souci de l’indépendance en foot, c’est qu’on va avoir les indépendantistes qui voudront s’en servir.

… (La FIFA) avait proposé que la Martinique ne puisse pas appeler un joueur de moins de 23 ans qui peut jouer en équipe de France et qu’après il soit possible de le convoquer. Mais la FFF n’est pas très chaude pour cela. Ils nous ont laissé intégrer la CONCACAF, c’est déjà une grande avancée ».

Devant juger le niveau du championnat martiniquais, voilà ce qu’il déclare : « C’est niveau DH mais meilleur qu’une DH française. Et dans ce championnat, tu as de super joueurs. Malheureusement, la Martinique c’est à 8 000 km de la France, c’est compliqué de venir observer un joueur qui joue en DH. Pour un martiniquais, la seule solution c’est d’arriver en métropole, grâce à un tournoi qui se fait en France, ou de trouver un essai. Mais tout est à ses frais et on n’a pas tous des familles qui peuvent payer. Après, il reste la sélection de la Martinique et espérer se faire voir avec elle ».

La création d’académies, à l’image de Jean-Marc Guillou en Afrique à une époque lui semble une bonne idée. « Je n’ai pas un nom mais bon. J’en ai parlé à mon club ici, ça les intéresse, ils se disent que si ça marche avec moi, ça peut marcher avec d’autres. Il y aura des échecs mais s’il y a plus de réussites que d’échec, ça peut être pas mal. Et quand ils viendront ici, ils verront à quel point le football de l’Est c’est quelque chose. Et si ça marche, qui sait ce qu’il se passera après ?

Regarde juste aujourd’hui, (en équipe de France) tu as Varane par exemple. Leur chance, c’est que comme moi ils sont métropolitains. C’est la même chose avec les Wiltord, Anelka, Sylvestre. Ils sont antillais, ils ont les mêmes soucis ».

A lire dans son intégralité dans Lucarne opposée

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