Société

En Guadeloupe, la chute des icônes et des dinosaures

La politique n’est pas un héritage, c’est le peuple qui décide de ceux qui vont les représenter à la mairie de leur commune. Malheureusement, certains candidats ont l’outrecuidance de croire, parce qu’ils ont eu un proche, voire un très proche (mère ou père) qui a occupé un fauteuil de maire, que ce fauteuil leur revenait de droit au départ de ce dernier. C’est un calcul qui peut réserver de drôles de surprises.

Sous nos latitudes les filles et fils de, ne sont pas particulièrement nombreux, mais dans certaines communes on peut noter quelques dynasties qui règnent sur la gestion communale, ou du moins qui régnaient car un vent nouveau est passé par là.

A Basse-Terre, contre une coalition de circonstance, Marie-Luce Penchard, la fille de Lucette Michaux-Chevry n’a pas pu se maintenir à son poste. Son départ met fin à 25 ans de règne du clan Chevry à Basse-Terre. C’est André Atallah un socialiste cardiologue qui a pris le contrôle de la ville.

A Pointe-à-Pitre, coup dur pour le clan Bangou. Jacques le fils d’Henri qui fut maire pendant plus de 35 ans s’est vu écarté de la gestion municipale par l’avocat Harry Durimel (écologie) qui après des années de lutte est enfin arrivé à ses fins.

A Saint-François, c’est Laurent Bernier, le neveu de Lucien Bernier qui fut maire de la ville pendant des décennies qui a été renvoyé à ses chères études par un nouveau venu en politique : Bernard Pancrel, adoubé par le président de Région, Ary Chalus.

Aux Abymes, Eric Jalton, fils de Frédéric Jalton qui fut maire de la ville pendant des années a conservé son siège dès le premier tour, tout comme Ferdy Louisy le neveu de l’ancien maire François Louisy à Goyave.

Parmi ceux que l’on qualifie de dinosaures, deux ont conservé leur poste. Il s’agit de madame Jeanny Marc, maire de Deshaies, en place depuis plus de 20 ans et de madame Gabrielle Louis Carabin, maire de le Moule, en place depuis encore plus longtemps.

Parmi les perdants, il faut citer Luc Adémar, maire de Gourbeyre depuis 25 ans, défait par Claude Edmond et, Joel Beaugendre maire de Capesterre-Belle-eau, lui aussi maire de la ville depuis 25 ans, remplacé par le dynamique Jean-Philippe Courtois (35 ans).

Quand aux nouveaux venus, assez jeunes pour la plupart tels Loic Tonton à la Désirade ou Cédric Cornet qui a déboulonné les héritiers de Jacques Gillot à Gosier, ils font une entrée en force dans le paysage politique guadeloupéen. Cependant, quelques anciens après des années de lutte se voient tout de même récompensés. C’est le cas de Jean Bardail à Morne-à-l’eau et de Jean-Marie Hubert à Port-Louis.

La conclusion que l’on peut tirer de ces élections c’est que si la longévité en politique apporte une certaine expérience pour ne pas dire une certaine stabilité dans la gestion des affaires communales, les jeunes qui n’ont connu qu’un seul maire depuis leur naissance, ont certainement été pour beaucoup dans le renouvellement de la classe politique. Un enseignement que les maires élus devraient toujours avoir à l’esprit afin de ne pas prendre racine sur leur fauteuil de chef d’édilité.

A l’issue de cette consultation électorale on peut dire clairement qu’il y a en présence désormais deux forces politiques : le GUSR et le parti Socialiste.

Hugues Pagesy

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