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Emprisonné 28 ans pour un rêve

La faillite de la justice, plus spécifiquement américaine, nous interpelle. Faible avec les puissants, méprisante avec les faibles. Commençons par l’incroyable et tragique dossier MOSES-EL, emprisonné pour viol parce qu’une femme a rêvé de lui. L’affaire Epstein, elle n’est pas terminée. Ghislaine Maxwell, une prédatrice sexuelle fera-t-elle tomber des personnalités ?

« Tout ce que je veux – tout ce que j’ai toujours voulu – c’est classer définitivement cette histoire et vivre ma vie. »

 

En 1987, une femme hospitalisée a affirmé qu’elle avait été violée par un homme noir. Un jour après l’agression, alors qu’elle était encore à l‘hôpital, la femme a identifié Clarence MOSES-EL comme son agresseur, disant que son visage lui était venu en rêve.

Cette femme a expliqué à la police avoir bu quelques verres avec des voisins et avoir été violée à deux reprises en rentrant chez elle. Au départ, elle a donné trois noms à la police : L.C, Earl et Darnell. Mais le lendemain, elle est retournée pour accuser Moses-EL, expliquant aux agents avoir vu son visage dans un rêve.

Il a été reconnu coupable en 1988, et condamné à 48 ans de prison pour avoir violé et agressé une femme, alors qu’il n’y avait AUCUNE AUTRE PREUVE que ses ecchymoses et son rêve.

Clarence MOSES-EL a longtemps clamé son innocence. Malgré tous les recours lancés pour prouver son innocence, l’homme n’a pas réussi à obtenir gain de cause. Ses efforts pour faire appel de sa condamnation ont été infructueux, alors qu’il avait réussi à convaincre la justice de réaliser des analyses ADN sur les vêtements et les draps, parce que la police de Denver s’est débarrassée sur les lieux des preuves ADN, selon les rapports.

Heureusement, en décembre 2013, alors qu’il purgeait sa peine de 28 ans de prison, Clarence a reçu une lettre d’un autre homme, L.C Jackson.
Dans sa lettre, Jackson déclarait qu’il ne pouvait pas comprendre comment Clarence pouvait être accusé de viol, puisqu’il avait eu des relations sexuelles avec cette femme cette nuit-là.

Ce L.C Jackson avait déjà été condamné à vie pour deux agressions sexuelles. Cette lettre de confession a conduit à une audience auprès du Tribunal où Jackson a témoigné qu’il avait perdu son sang-froid au cours de rapports sexuels avec cette femme, et l’avait frappée au visage. Autre précision : le groupe sanguin de L.C Jackson correspondait à celui de l’agresseur, contrairement à celui de Clarence MOSES-EL.

Il a pu retrouver la liberté en décembre 2015. Il a quitté la prison de Denver devant les télévisions et a vu pour la première fois ses petits-enfants.

Des centaines de pages de documents judiciaires, rendus publics le 9 août 2019, sont venues confirmer que Jeffrey Epstein a longtemps été un membre éminent de la jet-set, proche de personnalités y compris des présidents des Etats-Unis Bill Clinton et Donald Trump. L’une de ses victimes, Virginia Roberts raconte avoir été « offerte à des politiciens, à des professeurs d’université, à des gens issus de la royauté ». (Le nom du deuxième fils d’Elizabeth II, Andrew, revient inlassablement dans ce dossier. Virginia Roberts accuse le prince d’avoir eu des relations sexuelles avec elle lorsqu’elle était mineure)

Le correspondant du Monde résume l’affaire comme suit : « La question est de savoir s’il y avait un prédateur sexuel d’adolescentes avec une complice principale et une dizaine d’amis ou un complot généralisé des Etats-Unis avec protection des puissants, de la justice, de la police et l’implication de deux présidents (Le Monde du 13 juillet 2020).

Quel a été le rôle de Ghislaine Maxwell dans l’affaire Jeffrey Epstein ? Car c’est ce qui fait chaque fois, fait froid dans le dos, une femme apparaît en possible rabatteuse dès que se profile un prédateur sexuel. Britannique née à Maisons-Laffitte, elle est la fille de Robert Maxwell, une figure connue des soirées mondaines, à Londres, New York et même à la résidence de Donald Trump en Floride.

Associée de longue date au milliardaire pédophile, la fille de l’ex-magnat de la presse est accusée d’avoir « assisté, facilité et contribué aux abus perpétrés », en recrutant les victimes, certaines ayant juste 14 ans.

Est-il tombé ? A-t-il sauté ? Le 5 novembre 1991, le corps de Robert Maxwell était retrouvé en mer, alors que son yacht le Lady-Ghislaine croisait au large de l’île de la Grande Canarie. La presse du monde entier s’interrogeait.

Il fut révélé par la suite que Robert Maxwell était un escroc monumental, un homme sans scrupules et retors, qui avait vidé les fonds de pension réservés aux 32 000 retraités du groupe. Etait-il un membre éminent du Mossad qui l’aurait tué alors qu’il voulait récupérer l’argent prêté ?

Mardi 14 juillet, Ghislaine Maxwell a plaidé non coupable. La juge a fixé au 12 juillet 2021 l’ouverture de son procès et ordonné son maintien en détention.  Il lui reste un an pour s’inventer un rêve.

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Théo LESCRUTATEUR

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