Société

Discours d’Annick Girardin aux élus de Guyane, à Cayenne le 17 septembre

Les conséquences de l’ouragan Irma ont bouleversé l’organisation de ce voyage officiel en Guyane, prévu de longue date. Je tenais à ce titre à remercier la solidarité des élus, des services de l’Etat et des citoyens de Guyane qui se sont manifestés pendant cette crise.

Au-delà de l’engagement de l’Etat, cette solidarité de l’ensemble des citoyens d’outre-mer a été d’un grand réconfort pour les victimes de cet ouragan.

Sur place, j’ai pu constater à quel point les blessures physiques et psychologiques étaient importantes. Il faudra du temps pour panser les plaies. Aujourd’hui, l’heure est à la reconstruction. Saint-Martin et Saint Barthélémy renaîtront. La fraternité dont vous avez fait preuve nous encourage à renforcer nos efforts ; ensemble.

Mais le cataclysme qui a frappé Saint-Martin et Saint-Barthélemy ne me fait pas oublier les engagements forts de l’Etat vis-à-vis de la Guyane. Une urgence ne chasse pas l’autre. Ma présence est l’occasion de vous le réaffirmer haut et fort : l’Etat tient ses engagements pour la Guyane.

Il y a deux mois, nous nous réunissions à Oudinot pour le premier comité national de suivi de l’accord de Guyane. Je m’étais engagée à établir un calendrier de suivi et à organiser de comités locaux. C’est le cas : le premier comité local de suivi s’est réuni le 20 juillet à l’Université de Cayenne et les réunions thématiques ont débuté le 16 août…

Cet accord, c’est un plan d’urgence (PUG) de plus d’1 milliard d’euros pour le territoire : 30 mesures prioritaires dans les domaines de la sécurité, de la justice, de la santé, de l’éducation, des transports, du foncier et du soutien à l’économie locale.

Ce sont aussi 164 mesures sectorielles des ateliers de travail et l’examen des 35 mesures complémentaires présentées par le collectif Pou Lagwiyann dekolé…

Les mobilisations sociales de mars et avril ont mis en lumière les difficultés, les fragilités et les défis de la Guyane. L’un de ces défis, c’est le dynamisme démographique. Je sais que vous, élus de terrain, devez chaque jour en ternir compte pour assurer à vos administrés un accès aux services publics essentiels.
Seul territoire continental d’outre-mer et de loin le plus étendu, la Guyane est confrontée à des questions majeures en termes d’aménagement du territoire et de développement pérenne et durable.

Comment conjugue-t-on l’accès à l’énergie, aux communications et à la santé dans des espaces enclavés, dont la voie fluviale demeure la principale voie de communication avec le chef lieu ?
Comment relève-t-on le défi du logement, de l’éducation et de l’insertion professionnelle quand la population a doublé en 20 ans, et que les moins de 25 ans en représentent 50 %.
Comment faire vivre ensemble une mosaïque de communautés, d’origines variées, dans un territoire ou la cohésion sociale est mise à mal au quotidien par la violence, et la perte des repères traditionnels, exposant les population vulnérables?
Comment relever le défi de l’intégration et de l’identité dans une société dont la moitié de la population est étrangère et pour une bonne part en situation irrégulière ?

…Face à ces défis, l’Etat apporte des réponses à travers les accords de Guyane.
… Je demande au préfet de Guyane de me faire des propositions en ce sens, et de les construire avec vous. Là encore nous y travaillerons ensemble.
Mais tout ne viendra pas de l’Etat. Il n’y a de solution qu’ensemble.

… Une réponse du Premier ministre vous parviendra rapidement. Les récentes décisions de la commission du débat public vont dans
ce sens: informer, faire participer les guyanais à la définition de leur avenir, faire en sorte que ceux qui aujourd’hui s’opposent, demain se parlent.
Et cet « ensemble », les Assises des outre-mer en seront le moteur. Sous la forme que vous choisirez de lui donner pour que les réponses apportées aux préoccupations locales soient élaborées avec vous et chez vous. A ce chantier je souhaite que vous preniez une part active, avec tous les acteurs institutionnels, privés et de la société civile.
Mesdames et messieurs, je l’ai déjà dit devant vous : Non, la Guyane n’a pas le monopole de l’échec.

Enfin, il n’y aura pas de sécurité, de développement, en dehors d’une coopération régionale accrue, synonyme de meilleure intégration de la Guyane dans son environnement. Je pense en priorité à la coopération régionale avec le Brésil et le Surinam en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration illégale, Mais également en matière de recherche et d’enseignement supérieur.

Trop souvent la Guyane est perçue à travers l’éloignement et les crises qui l’agitent. Ses potentiels sont ignorés alors que l’Histoire nous incite à les valoriser….
L’accord de Guyane est une première réponse forte de l’Etat aux problématiques du territoire. Mais le développement de la Guyane se fera avec les Guyanais à qui il appartient avant tout de construire leur histoire, dans le cadre d’une responsabilité collective qu’il nous convient, à tous, d’assumer.

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