Culture

Des femmes, des négresses que l’on violait dans les bateaux …

Tout cela se passait dans les bateaux de la traite raconté par Sarah-Corinne EMMANUEL dans son théâtre musical samedi 25 novembre au Grand Carbet de Fort-de-France.

L’esclavage de la femme, tel était le thème de la première partie du spectacle « Dé mèt a manniok ». Sarah-Corinne décrivait par différentes scènes toutes les figures de la domination des femmes par les hommes depuis nan-ni nan-nan. Oui, la comédienne a parlé !

Parler de la condition des  femmes couillonnées, délaissées, ballonnées par les grossesses non désirées.

Parler de la femme bafouée, humiliée devant l’homme méprisant… Parler de la femme objet qui DOIT faire, qui DOIT se taire. Violée ?

Parler aussi de la femme esclave de la Société et qui DOIT plaire en se  mutilant le corps, se blanchir la peau ou raccourcir on ne sait plus trop quoi…

Les différentes histoires notamment  de ces scènes de ménage mal foutu renvoyaient  toute la psychologie des femmes souffrant de la domination dans leur tête, dans leur corps et dans leur âme, dans la réplique qu’elles soutenaient  et qu’elles souhaitaient dire pour se défaire de cette emprise du mâle.

Sous forme de théâtre musical ces événements sociaux et sociétaux ont vu s’adapter, tout comme des rappels, les mélodies qui correspondaient à chacune des scènes racontées par Sarah-Co qui, à la fois conteuse, comédienne, chanteuse et comtesse en son genre, représentait la loi du silence conjugale, le pouvoir et l’autorité des maîtres,  des pères, des maris et la soumission des femmes naïves, innocentes et rêveuses…

Laissant la place pour la deuxième partie à celui qui continuera sur le thème de notre identité, Hugh CHARLEC, auteur de ses textes et compositeur de ses chansons a interprété ses titres accompagné de musiciens tels que le bassiste Philippe BURDY,  le saxophoniste John, le percussionniste Sam Fall et le pianiste Elizé Domergue.

Des textes en hommage à Aimé Césaire et à Gratien Midonet, entre autres ; des messages comme « krié si ou malad, palé si ou bizwen » « Dépi mwen né, mwen ka monté mon’ la vi-a » sillonnaient les esprits dans le rite du bèlè.

Une musique au son particulier se dégageait de la scène où l’auteur nous emmenait en terre d’Afrique. Les percussions très présentes dans cette musique, tonnant certainement une recherche d’identité comme le disait l’auteur lui-même, donnait la primeur au public très attentif: « chèché » . « Chercher  à jouer avec toutes les influences pour trouver un son bien à nous ». C’est-à-dire le son profond de la créolité, de l’antillanité, de la Caraïbe : ti bwa- tambou – basse – flûte… ?

Mais notre son c’est d’abord et toujours la percussion. C’est notre identité. Le « bèlè ».Un mélange, un métissage de rythmes comme la formation même de nos racines depuis le bateau.

Qui sait, Hugh Charlec l’a-t-il peut-être déjà trouvé….

En tout cas, l’espoir semble être le mot de la conclusion pour ces « dé met a manniok »,  pour construire notre Société caribéenne sur des bases bien à nous  avec nos « codes »- notre manière de penser, notre manière d’être- fondés sur notre identité : «l’antillanité ».

Ay chèchéï !!!

 

Joseth SYMPHOR

 

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