Société

David Lorion : Le gouvernement porte une large part de responsabilité dans le chaos qui règne à Mayotte

Le 18 octobre dernier, Mansour Kamardine, Ramlati Ali, Députés mahorais, et moi-même avions proposé et fait adopter par la Délégation parlementaire aux Outre-mer une résolution relative à la situation de la collectivité territoriale de Mayotte.

Par ce geste, nous alertions le Gouvernement et la Représentation nationale sur le risque d’explosion sociale qui couvait depuis de nombreuses années sur cette île. Ainsi, nous rappelions qu’avec quatre-vingt-quatre pour cent de la population recensée vivant sous le seuil de pauvreté monétaire, le département de Mayotte est la région la plus pauvre de France et d’Europe ; que les effets économiques, sociaux, éducatifs et sanitaires de cette pauvreté sont amplifiés par la saturation des services publics (écoles, hôpitaux, accès à l’eau courante, accès à l’énergie, logements), par une immigration clandestine massive et par un accès à des prestations sociales et familiales très inférieures à celles proposées dans les autres départements de métropole et d’outre-mer. Ainsi, Mayotte est le seul département d’outre-mer à ne pas bénéficier d’un accès au droit social commun à l’ensemble des départements de France.

A ces déplorables conditions de vie des Mahorais se sont ajoutés depuis le début de l’année de graves problèmes d’insécurité et de violence au quotidien mettant le feu à une situation qui ne demandait qu’à s’embraser. C’est désormais l’activité de toute l’île qui est paralysée touchant entreprises et administrations.

Par son attitude passive, le Gouvernement porte une large part de responsabilité dans le chaos qui règne sur place. Il n’a pas voulu tenir compte des nombreux appels au secours d’élus de cette région dont celui en particulier de mon collègue Mansour Kamardine qui n’a pourtant pas ménager ses efforts pour tenter de mobiliser les Pouvoirs publics. Quel mépris pour l’Outre-mer de la part de l’Etat !

Il aura fallu attendre trois semaines de crise et son paroxysme pour qu’enfin la Ministre Annick Girardin, représentante du Gouvernement se déplace à Mayotte pour tenter d’éteindre l’embrasement.

La Ministre des Outre-mer a proposé l’ouverture d’une « Conférence pour l’avenir de l’île » qui se tiendrait après les « inoxydables » Assises des outre-mer, fourre-tout qui cache l’absence d’une vraie vision pour ces territoires.

Le Gouvernement doit rapidement prendre des mesures notamment pour rétablir la sécurité, mais surtout financer le logement, l’accès à l’eau potable, la construction d’établissements scolaires et la santé.

En matière de lutte contre l’immigration clandestine, il serait illusoire de vouloir en réduire les flux entre les îles d’Anjouan, Mohéli et la Grande Comore sans une aide au développement comme par exemple la réalisation d’une maternité ou investir massivement dans l’éducation de cette ancienne colonie française qui est actuellement la proie des fondamentalistes islamiques de la péninsule arabique. Si nous n’y prenons pas garde, la pauvreté et l’évolution religieuse actuellement des Comores est sans doute la plus grande menace dans la zone du sud-ouest de l’océan indien pour Mayotte et La Réunion.

La nécessité d’un plan de rattrapage est une priorité avant tout débat sur une adaptation législative ou réglementaire qui ne sert bien souvent en Outre-mer qu’à masquer la réalité d’une grande pauvreté et d’un manque d’investissement.

David LORION, Député de La Réunion

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