Société

Dans une République non bananière, cela finirait par un procès au pénal

« L’État, de toute éternité, c’est personne. Ou l’autre. Ne t’amuse pas, ami lecteur, à chercher dans ces eaux-là des coupables, car tu n’en trouveras pas ». Extraits de l’article de Fabrice Nicolino du 26/11/2019 à lire en intégralité sur Charlie Hebdo.

Les premieres dėnonciations des effets nocifs du chlordécone datent de 1969, mais c’est en 1975 que la presse américaine transforme l’affaire en scandale planétaire.

« Planétaire, le mot est important. À Paris règne depuis l’après-guerre un puissant lobby des pesticides qui regroupe… les dirigeants de l’agriculture industrielle. Son centre de gravité est logé dans une entité prestigieuse du ministère de l’Agriculture, le Service de protection des végétaux (SPV). C’est là, … que se concoctent les Autorisations de mise sur le marché (AMM)… »

L’auteur dėnonce « une séquence déshonorante pour la France, et au passage pour la gauche socialiste de Mitterrand » et s’interroge : « La commission d’enquête, présidée par le député socialiste Serge Letchimy, pouvait-elle faire de la peine à des amis si chers » ?

« Quand il arrive au pouvoir en mai 1981, Mitterrand nomme Édith Cresson au ministère de l’Agriculture… Elle accorde une criminelle Autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le chlordécone. En juin 1990, Henri Nallet, alors ministre de l’Agriculture… accorde un rab de deux ans pour le chlordécone…

… En mars 1992, un 3ème ministre socialiste de l’Agriculture, Louis Mermaz, accorde une nouvelle dérogation d’un an. Et en mars 1993,… Jean-Pierre Soisson, accorde une dernière fois une grâce de six mois. L’horreur aura duré de 1981 à 1993, par la grâce d’un gouvernement de gauche… »

Inutile de chercher « les documents de la Commission de toxicité… qui permettraient d’y voir plus clair… Ces docs ont disparu,… et sur toute la période décisive 1972–1989. Qui le dit ? La Direction générale de l’alimentation (DGAL), administration centrale du ministère de l’Agriculture qui abrite les vétérans du Service de protection des végétaux…

Dans une République qui ne serait pas bananière – attention, humour -, tout cela finirait par un procès pénal pour les quatre vertueux que sont Cresson, Nallet, Mermaz et Soisson. Car ils sont vivants, les bougres. Plus vivants que les cancéreux antillais et les millions d’êtres vivants – oiseaux, insectes, mammifères – que le chlordécone a tués… ».

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