Culture

Daniel GARRIGA : avec la richesse culturelle qui existe en Guadeloupe, il y a beaucoup à faire

Originaire de Cuba, rien ne prédestinait Daniel Garriga à devenir styliste. Après des études d’ingénierie industrielle à Cuba, il débute dans une usine de confection de vêtements à la Havane. En 2008 il crée son entreprise Daniel Créations, quitte son ile pour la Guadeloupe et commence à découvrir cette partie mode qu’il ne connaissait pas. Il s’intéresse à la confection créole, aux robes traditionnelles. Danseur et professeur de salsa, il découvre le gwoka à l’Akadémiduka. Il mélange les différentes cultures (Cubaine, Afrique, Amérique, Espagne).

Ses collections soulignent la fluidité des lignes, des tissus, des carreaux, des structures, des imprimés, des couleurs et des fleurs. Défenseur du coton et du lin, son nouveau showroom  à Jarry est plus spacieux, plus épuré, plus cosy pour satisfaire, une clientèle de plus en plus fashion et exigeante.

97L : En 2018 la marque D.Garriga a célébré ses 10 ans de créations, quels ont été les temps forts et les moments marquants ?

Il y a eu plusieurs moments marquants, mais le plus intense a été d’avoir été invité dans mon pays natal Cuba, à l’un des événements (ARTE Y MODA) les plus reconnus, et d’avoir représenté la Guadeloupe.

97L : L’évolution du 1er croquis à aujourd’hui dans la fabrication des collections ?

Les différentes étapes de l’évolution ont contribué au développement et à la découverte des multiples idées et en même temps à leur enrichissement. Ce qui me donne la possibilité de dire que les étapes d’évolutions ont été bien marquées, et que toutes ont apportées quelques choses de très positif.

97L : Selon vous ce qui est important, c’est que le mouvement révèle le vêtement dans sa beauté et son opulence ?

L’effet d’avoir eu la possibilité de découvrir le monde de la mode et de la danse, cela m’a permis d’observer et analyser les mouvements du corps. Résumé : Un vêtement va toujours refléter la magie de chaque mouvement de notre corps.

97L : On retrouve la richesse des Caraïbes dans vos collections…

La richesse culturelle entre Cuba et les Antilles, elle est immense. Les Antilles, m’ont apporté beaucoup de leur culture créole, sachant que la culture antillaise est très présente dans la partie orientale de Cuba. Après, entre coupe et découpe; ampleur et souplesse, il y a beaucoup d’influence de différentes cultures. Surtout l’influence de l’Espagne, présente dans le développement culturel de mon pays natal.

Pour la collection Tentation, composée de vingt-deux mannequins femmes et hommes, j’ai eu plusieurs sources d’influences, notamment la vie de tous les jours, et aussi, la manière dont on vit aux Antilles et dans la Caraïbe. Car, pour la plupart des antillais, l’artisanat reste une source de vie et même temps fait l’identité de chaque personne.

97L : Les imprimés, les mélanges des matières et des tissus, quelle histoire cinématographique le public découvre-t-il à chaque défilé ?

Les mélanges des matières, je ne peux pas l’expliquer, c’est comme si à ce moment présent, je ne suis plus moi-même. Tout se fait d’une manière synchronisée et sans beaucoup d’hésitation, au fait je me laisse aller et généralement, se sont les matières les plus souples qui vont prendre le dessus, et dominer sur les matières nobles ou rigides. Les imprimés c’est plus un état d’esprit, car parfois on peut faire des mélanges inimaginables et obtenir des résultats magnifiques, et d’autres on prend le temps de vouloir mélanger des choses simple le résultat est pathétique.

97L : Après les défilés, qu’attendez-vous de la réaction du public ?

Après le défilé, la réaction du publique est primordial, c’est-à-dire que, le public va donner la satisfaction d’accomplissement au travail réalisé. Et il te donne aussi la possibilité de te projeter pour la suite en matière du goût, et analyse d’évolution dans le travail accompli.

97L : Vous êtes en perpétuelle recherche de coupes innovantes, votre lien avec les éléments qui vous entourent ?

En matière de recherche en fait, peu importe l’environnement, il y aura toujours un élément déclencheur pour avoir des nouvelles idées, donc à vrai dire tous les éléments qui seront au tour de moi, vont m’apporter des réflexions, puis dans les recherches pour m’amener à créer.

97L : Que pensez-vous des préjugés sur les mannequins grandes tailles ?

Concernant les mannequins, je pense que tout dépend du défilé du moment, il faudrait tenir compte de l’idée du créateur au moment précis, car cela peut être un défilé fantaisie lequel peut juste refléter une idée abstrait de son savoir faire. Sinon en tant que créateur, je me fais toujours un grand plaisir à faire des défilés de personnes avec une morphologie standard, je veux dire des défiles plus commerciaux.

97L : Déplorez-vous le manque d’institut de Dessin Industriel en Guadeloupe ?

Oui Cuba dispose d’un institut supérieur de dessin industriel avec une spécialité en stylisme. Je pense que pour l’avenir, il serait temps de créer en Guadeloupe un institut car les possibilités de création sont possibles. Je pense aussi que, avec la richesse culturelle qui existe en Guadeloupe, il y a beaucoup à faire, aussi avec toutes les îles qui sont au tour de l’archipel.

97L : Quels sont vos hobbies préférés ?

En dehors de la mode j’ai deux hobbies que me font vraiment vivre, c’est la danse et le sport. Je ne veux pas développer le sujet car avec un seul mot tout est dit. J’AIME.

Propos recueillis par Wanda NICOT

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