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Comment les afro-américains peuvent-ils se remettre de siècles d’esclavage ?

Aux États-Unis, un nombre croissant de descendants d’esclaves affirme que la solution doit passer par des réparations : des excuses mais aussi l’acquittement d’une dette envers les citoyens noirs pour les préjudices subis par leurs ancêtres.

C’est la position de nombreux universitaires noirs, mais que les politiciens ont largement ignorée jusque là. Le renforcement de l’activisme sur les inégalités raciales et les déclarations de certains candidats démocrates à la présidence 2020 ont propulsé la question sous le feu,des projecteurs. Les discussions sur les réparations font désormais les unes des journaux.
Les opposants estiment que l’Amérique a mis fin à l’esclavage depuis 1865 et que les réparations ne feraient qu’envenimer davantage les tensions raciales.

Certains experts ont calculé que la valeur du travail des noirs pendant l’esclavage devait etre estimée en billions voire trillions de dollars. L’ajout du paiement du travail à bas coût après l’esclavage booste ces chiffres. De plus, a
près la fin technique de la traite négrière, les Noirs américains se sont vu refuser le droit à l’éducation, le droit de vote et le droit à la propriété – traités à bien des égards comme des citoyens de seconde zone.
Ceux qui plaident en faveur des réparations invoquent ces inégalités historiques pour expliquer le schisme actuel entre Américains blancs et noirs comparant leurs revenus, leurs logements, l’accès aux soins de santé et les taux d’incarcération.
Pour le professeur Darrick Hamilton, directeur de l’Institut Kirwan pour l’étude de la race et de l’ethnicité de l’Université de l’Ohio, cette histoire est l’unique problème de l’Amérique. « Nos institutions politiques et économiques ont eté fondées sur l’esclavage, ce qui rend nos institutions non seulement pernicieuses mais également ancrées structurellement dans les inégalités. »
La première image qui vient à l’esprit lorsque l’on evoque les réparations est d’ordre monétaire, avec un paiement direct aux Noirs américains. Et les critiques s’empressent de souligner qu’un tel paiement coûterait des milliards de dollars. Le professeur Hamilton a déclaré qu’il y était favorable, principalement à titre symbolique.

« Pour obtenir justice,  vous avez non seulement besoin de reconnaissance, mais également besoin de restitution. »

« Nous devons y associer une Charte des droits de la justice économique. Le simple paiement de la dette ne résoudra pas les problèmes structurels auxquels l’Amérique est confrontée. »

Mais cette reconnaissance n’est pas « anodine », cela aiderait à réfuter les récits déshumanisant les Noirs comme paresseux.

L’économiste William Darity a également suggéré un « portefeuille de réparations » qui associerait les paiements à des politiques axées sur des financements dans l’éducation, la santé et la constitution d’actifs, tout en veillant à ce que les écoles enseignent correctement l’impact de l’esclavage sur la société.

 

Arthur Pistagio

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