Culture

Colloque international sur LE DISCOURS ANTILLAIS

L’Institut du Tout-Monde est particulièrement fier de pouvoir s’associer à l’Université des Antilles lors du colloque organisé par Dominique Aurélia et Laura Carvigan-Cassin les 5 et 6 novembre, pour la poursuite de cette réflexion internationale autour du Discours antillais initiée en avril dernier, et que nous pursuivrons en mai 2020 à l’Université de Stanford aux États-Unis pour une quatrième session.

 

La fortune critique qu’a connu et que connaît encore Le Discours antillais quant à la réception de l’œuvre conceptuelle d’Édouard Glissant doit certainement beaucoup à l’allure exhaustive de l’étude, tout entière placée dans son inspiration comme dans son ambition intellectuelle, sous l’épigraphe de Frantz Fanon : « une tâche colossale que l’inventaire du réel ». Or, c’est aussi cet aspect qui a étonné lors de la publication de l’ouvrage en 1981 au Seuil : il faut croire que cette ambition d’embrasser le réel de la société antillaise a également dérouté quant à la liberté de sa méthode, cette « hardiesse méthodologique » dont se revendique alors celui qui a déjà une œuvre littéraire derrière lui.

Ce double effet dit en lui-même une fascination et un étonnement qui n’a pas cessé depuis la publication, dépassant les classifications. Ce paradoxe d’une réception critique dit certainement aussi la difficulté à percevoir correctement la place de l’ouvrage dans la réflexion d’Édouard Glissant, dont on a pu constater ultérieurement qu’elle ne pouvait s’apprécier qu’au gré du paradigme du mouvement. C’est à ce mouvement que s’est identifiée cette pensée, tout au long des développements souvent imprévisibles de l’œuvre. Comment comprendre par exemple, au gré de ce mouvement, ce moment de l’« antillanité », au regard de la créolisation portée avec davantage d’intensité au tournant des années quatre-vingt-dix , réalisant ainsi le vœu d’unité éclatée du monde vu par Édouard Glissant. « Qu’est-ce que les Antilles en effet ? [sinon] Une multi-relation. » ?

Parce que nous n’avons pas perdu nos voix, nous éluciderons comment tenir un discours sur ce Discours.

L’intention en ce Discours Antillais était, suivant les mots de Glissant lui-même, « d’accumuler à tous les niveaux.

L’accumulation est la technique la plus appropriée de dévoilement d’une réalité qui elle-même s’éparpille. Son déroulé s’apparente au ressassement de quelques obsessions qui enracinent, liées à des évidences qui voyagent. Le trajet intellectuel en est voué à un itinéraire géographique, par quoi la pensée du Discours explore son espace et s’y tresse. » Et il est vrai que dans ce foisonnant essai, dont les sujets sont pluriels, les thèmes contemporains nouent et étendent à la fois culture, histoire, vécu, sociologies, poétiques, langue, discussions et réflexion.

A la manière de Glissant, nous nous efforcerons de « tambourer sans relâche les idées-forces qui mèneront peut-être à déliter leur espace en nous ». Ces idées-forces seront les suivantes :

-Le Discours antillais et la réception de cette œuvre aux Antilles

-L’énoncé d’une poétique, l’intention d’une poétique

Poétique libre ou naturelle, poétique forcée ou contre-poétique, poétique de la Relation fondant la germination de ce Discours d’ouverture vers un espace dilaté.

-La modernité du Discours antillais

S’il est vrai que le terme irrigue le Discours, à travers cette notion de modernité vécue ou de modernité maturée, l’irruption dans la modernité paraît commune aux Antilles et aux Amériques. Le procédé de rupture, l’expression de la rencontre, le ralliement à cette modernité rythment les masses éparses, épaisses des paysages, des vocables et des théories d’ensemble offerts aux confluents de cet essai structuré par les multiples aspects de l’abondante réflexion glissantienne.

Pénétrant les réalités les plus souterraines, dépassant la simple énumération des apparences, élisant des détails d’îles comme lieux d’érection d’une pensée qui rejoint celle du monde, le Discours antillais sera ainsi à nouveau mis en question, mis en commun, étiré vers les déséquilibres du monde.

En somme, suivant en cela Glissant qui « ne partage[ait] pas la tranquillité de la source » (6) nous vous invitons à tendre vers les formes opératoires, les points ultimes du delta d’une pensée démultipliée.

Parce que « L’idée de l’unité antillaise est une reconquête culturelle ». Elle nous réinstalle dans la vérité de notre être, elle milite pour notre émancipation.

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