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CLAUDE VAMUR : DURCIN LAISSERA UNE TRACE ETERNELLE

Claude Vamur, un nom qui une fois prononcé fait vos neurones battre la mesure dirigeant à la baguette le Soul Makossa et Kassav. Ce proche de Cesar Durcin tenait à lui rendre hommage.

97L : Racontez-nous votre rencontre avec Durcin.

J’ai connu César par l’intermédiaire de Kassav en réalité car je ne le connaissais pas avant. Cela faisait quelques années que je vivais à Paris et je n’ai pas connu les groupes montés par Patrick (Saint Eloi), Georges (Decimus) et César du côté du Raizet. Et quand il y eu le phénomène Kassav, Pierre Edouard (Decimus) m’a sollicité, Cesar s’est retrouvé avec ses acolytes en tant que percussionniste et nous sommes devenus amis.

97L : On sait qu’il était malade. Etait-il entouré ?

Pas suffisamment. Il était aidé par des gens dévoués, un ami qui ne l’a pas du tout lâché, qui était très proche de lui mais qui avait ses occupations, son travail, sa famille, une cousine qui l’aidait. Il bénéficiait d’une assistance médicale, une infirmière pour ses soins, mais il restait de longs moments seul à cogiter. Il a eu des espaces temps pas profitables qui l’ont amené vers des pensées négatives mais il ne pouvait pas s’exprimer ne bénéficiant pas de rééducation orthophonique. Comme il ne parlait pas, quand il reconnaissait quelqu’un il se mettait à pleurer. Ça a du le travailler. Ces derniers temps, il était dans une espèce de non-retour.

97L : Quel souvenir garderez-vous de lui ?

J’ai de grands souvenirs : les tournées, les Zéniths avec Kassav, les Etats Unis… C’était un type super sympa, un peu malicieux, un bon vivant, un marrant.  Et le dernier souvenir que j’ai de lui, j’avais été le voir à Sainte Anne, je crois que c’est Patrick Parole qui revenait de la plage et s’était arrêté pour lui rendre visite accompagné par sa nièce, une très belle jeune fille. Une heure avant c’étaient des pleurs mais au vu de cette demoiselle, il a changé de visage et a poussé sa chaise roulante pour la saluer. Cela nous a fait rire : on se disait qu’il n’avait rien perdu de sa jovialité.

C’était un bon vivant… C’est ce qu’il faut retenir.

97 L : Après la disparition de St Eloi et Durcin, une page se tourne. Etes-vous nostalgique de cette époque ?

Il ne faut pas être nostalgique. Tout ce qui nait, meurt… Ce sont les choses de la vie..

Tout ce qu’ils ont laissé doit être repris par les nouvelles générations qui les utiliseront comme base pour créer leur univers. Tout se fait par observation, écoute et par éducation.

Patrick a une discographie beaucoup plus importante que Cesar : mais avec Ayen pa mol et Vi la chanté par Patrick Benoit, il laissera une trace éternelle.

97L : Pour finir, selon vous y aura-t-il des membres de Kassav à son enterrement ?

Pourquoi pas, même si tous peut être ne pourront pas venir. Il devrait y avoir un ou deux d’entre eux pour lui rendre un dernier hommage. Il a quand même fait partie de ce moment d’ouverture au monde, a été là dans les grands jours du groupe. En dépit de tout ce qu’il a pu y avoir en interne, les choses se passant entre hommes, il mérite qu’on l’accompagne dans sa dernière demeure.

 

 

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