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Clarissa à jamais…

Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. (Jean de la Fontaine)

Il y a un an, Clarissa Jean-Philippe tombait sous les balles d’un terroriste. Petite policière municipale venue d’une obscure commune de Martinique, son martyr a été longtemps occulté, en dehors de son île,  jusqu’à ce weekend avec trois cérémonies en Ile de France.

Aucun média n’en a parlé. Oubliée la solidarité ultramarine suivant son assassinat : des membres de la communauté tentant d’apporter un soutien tant moral que psychologique à la famille éplorée. Un des acteurs de cette solidarité témoigne : « Les sources confirmant l’origine antillaise de la victime, nous avons tenté d’appeler à son domicile à Carrières sous Poissy. Puis nous avons contacté la mairie de Montrouge, on nous a répondu qu’il fallait attendre, que nous n’étions pas habilités pour rencontrer la famille. C’était le black-out total. Par une relation en Martinique, nous avons pu les rencontrer dans un hôtel à Montrouge. Ils étaient très affectés et ne comprenaient pas notre démarche. Ils nous ont reproché notre arrivée tardive. Après négociations, une amie psychologue a pu s’entretenir avec eux et les a aidés à entamer leur travail de deuil puis à se préparer aux différentes manifestations ».

Face à notre étonnement de ne jamais avoir entendu parler de cette action, il poursuit : « Nous voulions aider. C’était spontané et fait dans l’urgence. Nous n’étions pas venus faire parler de nous ».

Inconnue aussi cette dame à Montrouge qui vient régulièrement fleurir le mémorial chaque soir. Passés à l’oubli, ces policiers ultramarins relançant le dossier pour la pose d’une stèle. Seuls les puissants ont droit de cité et semblent agir.

clarissa président

Devant une nuée de caméras, la première commémoration du souvenir le samedi 9 à Montrouge, lieu de la tuerie, voyait François Hollande accompagné d’un parterre de personnalités inaugurer une plaque en l’honneur de la sacrifiée, suivi d’un long entretien avec la famille de Clarissa, permettant au président de la République de redorer son blason bien terni dans l’affaire. Ceux qui souhaitaient vraiment présenter leurs condoléances à la famille étaient tenus à distance respectueuse. Evité aussi le Front National et ses représentants. L’après-midi une cérémonie émouvante, beaucoup plus simple à Carrières-sous-Poissy son lieu de résidence, dans le quartier des Bords de Seine avec une aire de jeux rebaptisée à son nom, des dessins et des chants d’enfants semblait plus appropriée.

Le lendemain dimanche 10 janvier, la cathédrale de Saint Denis était trop petite pour accueillir ceux qui à l’initiative du CREFOM 93, avaient tenu à lui rendre hommage. L’émotion était réelle chez les anonymes voulant témoigner de leur amitié à sa mère. Dans l’homélie du jour, les fidèles étaient invités à s’interroger : « Suis-je capable de sentiment de compassion ? Qu’est-ce qu’être solidaire ?  » Et le signe de fraternité réclamé en ce jour prenait une dimension symbolique dans cette cérémonie de recueillement sobre et plus adaptée à la personnalité de la disparue.

clarissa 1

Les personnalités au premier rang

La fausse note vint du discours de clôture du Président de la délégation du CREFOM 93, avec des remerciements aux politiques, ces louanges totalement déplacées. Mais le dernier mot revenait tout de même à Clarissa par l’intermédiaire de sa cousine : « Aujourd’hui, j’aimerais que l’on se souvienne de Clarissa en pensant à la jeune femme épanouie, ambitieuse et profondément humaine qu’elle était. Comme les 16 autres victimes de ces terribles attaques, nous ne devons pas l’oublier ».

Oui, laissons maintenant Clarissa reposer en paix, mais gardons la en mémoire.

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4 Comments

  1. cindy
    janvier 11, 2016 at 01:05 — Répondre

    Belle messe ce matin à saint-denis mais le discours de monsieur josé althey était totalement déplacé et à coté de la plaque. C’est honteux!!!!!

    Respectons Clarissa qui a donné sa vie pour la france!

  2. Paul
    janvier 11, 2016 at 15:43 — Répondre

    En quoi l’hommage national vous gêne-t-il ? Une fille de la nation, tuée dans l’exercice de ses fonctions se devait d’être honorée.

  3. DJI
    janvier 11, 2016 at 17:08 — Répondre

    Oui qu’elle repose en paix ! Respect pour sa mère.

  4. Sabrina
    janvier 12, 2016 at 00:40 — Répondre

    Une antillaise qui aurait bien voulu rester dans l’ombre. Des fanatiques en ont décidé autrement.

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