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CHANTEUR DE ZOUK LOVE, … CHANTEUR NUL A CH..R  ? *

Chanteur de zouk-love pourquoi tu pleures ? Pourquoi t’as rien dire ? Pourquoi tu imites Patrick Saint-Eloi ?
Ecoutez la basse, Ecoutez la guitare, Ecoutez les violons, c’est toujours le même son
Ecoutez les textes, Ecoutez le feeling, Ecoutez les propos, c’est toujours les mêmes mots*

On a cru comprendre que, quiconque avait des attaches avec le zouk, se retrouvait banni de l’Olympe des géants de la Musique.

Le zouk apparaît aux yeux de certains musiciens d’expérience comme la musique la moins novatrice que la Caraïbe ait connue. (1)

Comment peut-on alors expliquer le succès qu’a connu le zouk, à partir de telles structures rythmiques, thématiques et harmoniques, simplissimes ? Tout simplement, par l’avènement de musiciens de génie,- le véritable progrès de la musique antillaise datant de la période faste 1970-1980-, et se poursuivant jusqu’aux années 1990.

Ainsi, dans le tube, « Zouk la sé sel médikaman nou ni », une introduction ultra-courte de sept mesures , mais d’une incontestable efficacité, installe le groove.

Les thèmes principaux A et B : (Thème A) Ki jan zot fê, m’pa ka kompran’- zot ka viv kon si pa ni pwoblem, (Thème B) zouk la sé sel médikaman nou ni , sont magistralement utilisés, par le jeu de la répétition, pour asseoir un univers sonore lancinant.

La coda contribue à pulser dans l’inconscient collectif des danseurs initiés ou non, l’adhésion au rythme. L’harmonie est ensuite assurée par trois accords fondamentaux seulement : SOL majeur, FA majeur, et DO majeur, appuyés par une rythmique insistante. Le jeu de la basse sous forme de pédale sur la dominante ( SOL) consolide l’ensemble de l’oeuvre. Jamais un compositeur antillais n’avait conceptualisé la musique de cette façon auparavant, nous précise Frederic NEGRIT.

Mais poursuivons par une petite rétrospective. Le mythe haïtien, (compas-direct et cadence rampa), a déferlé sur la Guadeloupe et à la Martinique, et s’est propagé, portant ainsi préjudice à la biguine déjà en quête d’un nouveau souffle depuis les années 1960.

Ainsi le rêve antillais de replacer la biguine au plus haut de la sphère internationale s’est écroulé.

On a alors cru que la dynamique zouk prendrait le relais des Stellio et Al Lirvat, Mais voilà que la naissance du zouk et son implantation dans l’univers noir, déclenchèrent des effets secondaires néfastes à une évolution musicale constructive.

Force est de constater que les formes nouvelles de musique aux Antilles ont porté atteinte à la traduction du don et de l’instinct instrumentaux, qui furent par le passé la force de la jeunesse antillaise dépourvue de tout support didactique.

Tous les musiciens le confirment, il existe une différence fondamentale entre l’amplitude musicale générée par l’ordinateur et celle produite dans les configurations orchestrales.

Pratiquement toutes les œuvres produites sont à l’image du groupe Kassav, avec les mêmes sensibilités, les mêmes jeux d’interprétation et le même esprit de composition.

On peut considérer aujourd’hui l’état du zouk et de la musique antillaise, comme étant stationnaire.

Beaucoup se battent pour sortir des sentiers battus. Mais si c’était une question de talent ?

Jean-Claude NAIMRO, musicien exceptionnel, a lui aussi, révolutionné le zouk, en produisant des albums solo tout en gardant ses attaches avec le groupe mythique Kassav’. Modeste, il considérait Patrick SAINT-ELOI, comme le chanteur le mieux formé de sa génération, avec une voix d’or qui symbolisait la musique antillaise, voix selon lui qui correspondait le mieux à l’éthique du zouk.

Mais lui-même est considéré comme l’un des meilleurs compositeurs de la mazurka moderne, mais aussi de zouk. On dit qu’il a réussi à en extirper le caractère désuet. Frédéric NEGRIT nous indique que c’est un passionné de biguine, qui a donné à cette musique dans son jeu pianistique, toute sa sensibilité jazzistique, rappelant ainsi l’adhésion d’Alain JEAN-MARIE à ce principe harmonique.

Mais l’enterrement de première classe promis au zouk en exaspère plus d’un(e), à commencer par Jocelyne BEROARD.

« Il faut qu’on s’arrête de s’auto-flageller, quand quelqu’un n’a pas vécu cette musique depuis l’enfance, comment peut-il se permettre de dire que la rythmique est rigide ? »

SEULES LES OEUVRES INACHEVEES, DONC INACHEVABLES, NOUS INCITENT A DIVAGUER SUR L’ESSENCE DE L’ART (E.M CIORAN)

 

* chanson de Francky VINCENT (Peut-être désormais l’arroseur arrosé?)

1) Fredéric NEGRIT bassiste, docteur en musicologie. Musique et immigration dans la société antillaise Editions L’Harmattan

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Théo LESCRUTATEUR

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