Société

Ch.Taubira : Message à la nouvelle génération

Je ne comprends pas qu’on ne fasse pas confiance à la nouvelle génération. J’ai confiance en elle. Peut être parce que je la connais, que je la fréquente depuis très longtemps. J’ai toujours eu le souci d’aller vers elle, de l’écouter, de lui parler, mes quatre enfants qui sont de quatre classe d’age differentes m’ont toujours amené des camarades…

J’ai vu grandir cette jeunesse. Je perçois le potentiel qu’elle porte en elle. Je perçois toutes ses capacités qui sont encore à éclore, et je perçois la nécessité de lui dire deux choses essentielles.

La première c’est qu’elle est capable. Donc oui, j’ai confiance en elle. La deuxième c’est qu’elle n’est pas miraculeuse.  Elle peut faire d’énormes bêtises. En son sein il y a aussi des jeunes qui ont l’esprit rétrograde, qui sont de vieux machins, pas curieux des autres, qui n’ont pas le goût du risque, pas l’envie de vivre, l’envie de transformer.

Donc il y a tout ça dans la jeunesse, on peut lui faire confiance.

Je leur demande d’être exigeants vis-à-vis de celles et de ceux, qui avant eux ont pris des décisions et ont fait que le monde est tel qu’il est. Exigeants vis à vis de ceux qui ont fait que le monde est beau mais aussi vis à vis de ceux qui ont fait que le monde est violent, que le monde est injuste, que le monde est insupportable pour certains.

Parce que ce monde n’est pas donné, chaque génération peut le pétrir et le modeler comme elle l’entend, comme elle le rêve, comme elle le veut.

Il y a quelques valeurs fondamentales, on les transmet, eux doivent les faire vivre. Le droit, lui-même est la matière la plus vivante que je connaisse même si on a l’impression que les règles, les lois sont figées. Non. Le droit est la matière la plus vivante que je connaisse pour la simple raison que le droit c’est l’ensemble de nos règles de vie commune.

Exigeants donc vis-à-vis des autres et vis-à-vis d’eux-mêmes. Ne pas se contenter de juger, ne pas se contenter de consommer, de recevoir, d’hériter. Exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes. Chercher profondément en eux ce qu’il y a de meilleur, même si ce meilleur est encore assoupi; l’arracher, l’extirper. Le jeter au soleil et à la pluie de façon à ce qu’il prospère et qu’il donne de belles fleurs.

 

Christiane TAUBIRA

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