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Canada : étudiants antillais victimes de racisme… et heureux ?

  • Peut-on être victime de racisme et pourtant heureux comme les étudiants antillais au Canada ?

En pleine opération de séduction, pour contrecarrer le vieillissement de la population, le Canada veut attirer les étudiants. Nos collectivités débordent d’enthousiasme pour les inciter à entreprendre des études onéreuses. Sans leur dire que le marché du travail canadien et la société sont de plus en plus minés par le racisme, et que leur parcours sera semé d’embûches.

Car même la vie au quotidien de nos étudiants, et futurs travailleurs au Canada, peut s’avérer un cauchemar, si ceux-ci sont foncés de peau.

Lisez la revue canadienne, LE DROIT du 4 juin 2018.

Faire ses courses quand on est Noir au Canada est une expérience particulière selon la consultante Tomee Elizabeth Sojourner-Campbell.
La personne noire entre dans un magasin et réalise rapidement qu’elle est suivie, dit-elle. Un employé est à quelques pas derrière, surveillant chacun des mouvements du client et vérifiant l’inventaire chaque fois qu’il fait une pause dans une allée. Le client noir achète quelque chose, mais il est intercepté à la sortir pour montrer son reçu. Personne d’autre ne l’est.

« C’est une situation que vivent quotidiennement des gens qui vaquent à leurs occupations, souligne-t-elle. Cela peut sembler invivable pour les gens qui ne le vivent pas, mais pour les Noirs et les Autochtones, cela fait partie de la vie quotidienne ».

France 24 livrait un reportage du 15/03/2019 sur la hausse inquiétante des crimes racistes au Canada. Indiquant que le Canada est réputé pour être un pays tolérant, accueillant, où régnerait une douceur de vivre. Mais derrière le discours officiel, le Canada fait face à un phénomène inquiétant, avec une hausse des crimes de haine. Il touche les afro-descendants, les musulmans et les juifs. Le Québec et l’Ontario sont particulièrement concernés.

Le reportage de François Rihouay balaie les vérités officielles, celles du plein emploi et d’une insertion en douceur pour les nouveaux arrivants.

Le site LE DEVOIR dans « Portrait socioéconomique des Noirs au Canada » du 25 février 2020, nous indique que selon un rapport rendu public le lundi 09/12/2019, « les femmes racialisées » font face à une « discrimination omniprésente », en se basant sur les données du recensement 2016 de Statistique Canada.

Sous le titre « Ecarts de revenus au Canada » : une inégalité économique racialisée », les auteurs du rapport dénoncent les inégalités économiques générées par un racisme systémique.
Une enquête démontre que les importants écarts entre les Noirs et le reste de la population adulte au chapitre de l’emploi et de la rémunération se sont accrus au fil des temps.

Deux constats émergent : les adultes noirs sont moins susceptibles d’avoir un emploi que le reste de la population, et les jeunes noirs ont un niveau de scolarité généralement inférieur à celui des autres jeunes canadiens.

L’écart des salaires annuels médians s’est accru entre les Noirs et le reste de la population en âge de travailler, surtout parce que les salaires des Noirs n’ont pas augmenté aussi rapidement que ceux des autres travailleurs.

Chez les jeunes, l’observation d’une catégorie d’âge de 2006 à 2016 a révélé que les Noirs étaient aussi susceptibles que les autres jeunes Canadiens d’obtenir un diplôme d’études secondaires ( DES), mais qu’ils étaient moins susceptibles d’obtenir un grade d’études postsecondaires, en particulier les hommes.

Par exemple, parmi les garçons noirs âgés en 2006 de 13 à 17 ans, 51 % avaient obtenu un grade d’études post secondaires 10 ans plus tard, alors qu’ils avaient entre 23 et 27 ans. Cela doit être comparé aux 62 % des autres garçons du même groupe d’âge ne faisant pas partie des Noirs.

Malgré les difficultés auxquelles se heurtent les Noirs sur le marché du travail, Statistique Canada a constaté qu’ils affichaient des niveaux de résilience et d’optimisme considérablement plus élevés comparativement au reste de la population canadienne. Heureux même exploités !

En 2016, près de 1,2 million de Noirs vivaient au Canada et plus de 4 sur 10 étaient nés dans ce pays.

Au fait. Nos étudiants antillais savent-ils qu’une femme canadienne noire a défié la ségrégation noire au Canada 9 ans avant Rosa Parks aux Etats-Unis ? Elle d’appelait Viola Desmond.
En refusant de changer de place au cinéma, et en contestant sa condamnation en cour, Viola Desmond s’attaque directement à la ségrégation raciale au Canada.

Elle n’est pas la première femme noire à résister au racisme au Canada. Carrie M. Best, fondatrice et éditrice du journal The Clarion, le premier journal appartenant à des personnes noires en Nouvelle-Ecosse, avait déjà écrit sur l’injustice de la ségrégation. En 1941, elle et son fils avaient été expulsés du même théâtre, pour s’être assis dans la section réservée aux personnes blanches.

Alors nos jeunes compatriotes seront-ils discriminés, moins bien payés, ostracisés, comme le prouveraient les statistiques officielles et pourtant heureux ? La mondialisation aura réussi ce tour de force.

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Théo LESCRUTATEUR

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