Société

Big Mama : nouveau canon de beauté de la femme martiniquaise ?

L’obésité des femmes, un sujet tabou en Martinique !

Une caricature ? Pas si sur ...

Une caricature ? Pas si sur …

En Martinique, il ne se passe pas plus de 10 minutes sans croiser une femme obèse. Il y a dix ans encore, le phénomène ne touchait que le continent américain !

Pourtant, le sujet reste tabou. En effet, les médias martiniquais n’osent pas alerter l’opinion publique. Certes, ils abordent la question de l’obésité chez les enfants, rappellent les bienfaits d’une pratique sportive régulière et d’une alimentation saine mais ils éludent le problème de l’obésité féminine.

Or, force est de constater que de nos jours, le profil de la femme martiniquaise ressemble très portrait, à celui de la femme noire obèse nord-américaine, dont le personnage cinématographique le plus connu a été incarné par Martin Lawrence, dans les films Big Mama.

Ce que nous entendons par obésité ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’obésité est une maladie qui se caractérise par « une accumulation anormale ou excessive de graisse qui peut nuire à la santé. » En Martinique, on repère ainsi régulièrement la femme obèse – qui se déplace avec grande peine -, par les déformations physiques spectaculaires qu’opèrent les excès de graisse au niveau de son visage, de sa poitrine, de son ventre, de ses fesses et de ses cuisses. Toutes les catégories d’âge sont concernées : de l’enfant à la personne âgée !

Le phénomène de l’obésité de la femme martiniquaise en un chiffre

On pourrait alors parler d’une épidémie tant le phénomène présente une ampleur considérable. En effet, le rapport de l’ARS Martinique indiquait dès l’année 2011, dans son Programme régional de santé 2011-2016, que la lutte contre l’obésité « est un enjeu majeur de la politique de santé en Martinique ». Il concerne 1 adulte sur 2.

Quelles sont les causes apparentes de cette catastrophe sanitaire ?

La situation économique privilégiée de la Martinique (Département Français des Amériques) dans la Caraïbe a favorisé la création d’un environnement obésogène c’est-à-dire d’un milieu favorisant l’obésité.

En effet, premièrement, malgré la crise économique mondiale, comme en France hexagonale, la Martinique ne connaît pas de pénuries mais plutôt une surabondance alimentaire. Il est donc très facile de se procurer des aliments très riches en sucre, en sel ou en graisses. Les prix des produits ne sont pas dissuasifs. En outre, si l’on s’intéresse à la qualité des produits proposés à la vente, l’on en tire plusieurs enseignements. D’une part, les proportions alimentaires proposées par les commerces ou la restauration locale sont beaucoup plus importantes que celles que l’on trouve à Paris. D’autre part, les contenances en sucre ou en sel sont toujours plus élevées lorsque les produits sont confectionnés sur place.

Deuxièmement, les mentalités constituent un terreau fertile d’obésité. Effectivement, bien que notre île compte de nombreux mornes et de belles balades à travers les forêts et les plages, marcher est le sort réservé aux seuls touristes ou aux Martiniquais faussement accusés de « ne pas avoir réussi » dans la vie ! L’utilisation de la voiture, pour les grandes mais surtout pour les petites distances, est donc de rigueur. Insistons aussi sur l’apparent laissez-aller ambiant : tout effort supplémentaire est assimilé, pour certains, au retour de l’esclavage. En outre, l’affichage des formes généreuses plébiscitées par les hommes justifie trop souvent, le fait de s’éloigner des critères de beauté européens (activités, minceur, sport).

L’urgence d’un plan d’action

Les conséquences de cette maladie auront probablement un impact considérable sur l’avenir de la population martiniquaise dans les décennies à venir. On peut notamment compter sur l’augmentation du nombre de personnes diabétiques et du nombre de décès pour cause de maladies métaboliques. On peut aussi s’inquiéter de l’éventuel impact sur la jeunesse (dont les Mamans sont particulièrement touchées par le phénomène de l’obésité morbide), sur l’économie locale et tabler sur une offre de soins inadéquate (insuffisance du nombre de places dans les hôpitaux ou de la qualité du matériel de prise en charge) par rapport à l’ampleur du phénomène.

Les solutions à envisager

Précisons qu’actuellement la lutte contre l’obésité ne préoccupe pas les élus locaux en exercice. Peut-être parce qu’ils ne semblent pas touchés par le phénomène : pour des raisons évidentes d’images électorales, aucune n’est obèse, mais quelques-unes sont en surpoids…

Un accompagnement est nécessaire

Un accompagnement est nécessaire

Pourtant, une action publique locale s’impose.

Celle-ci devrait commencer par s’intéresser à l’ampleur statistique du phénomène : quelle est la proportion actuelle ? Quelles sont les projections ? Quelles sont les origines sociales voire géographiques ? Quels sont les niveaux d’études des personnes concernées ?

Il ne faudra pas non plus négliger les causes psychologiques du phénomène. Il s’agit alors de s’intéresser aux causes implicites du phénomène : ce que ces femmes nous cachent, par pudeur peut-être : la fragilité de l’état psychologique de certaines, les problèmes d’accès aux soins pour d’autres, les grossesses répétées non suivies, les problèmes de santé (dysfonctionnement des glandes surrénales, boulimie, surpoids de l’adolescence…) etc.

Par la suite, gageons que les résultats statistiques auront un impact financier sur nos cotisations fiscales pour pallier la croissance éventuelle du taux de mortalité des femmes âgées de 30 à 40 ans dans les dix prochaines années.

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Louanacéra

Louanacéra

1 Comment

  1. juin 4, 2015 at 09:32 — Répondre

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