Société

Aux Antilles, tout est piège. Tout est trompe-l’œil, tout est masque…

CEDRIC CORNET : TREMBLEMENT DE TERRE POLITIQUE AU GOSIER

Oui, la terre a tremblé en ce jour d’élections au GOSIER.

« Je ne peux pas l’accepter. Il y a trop de monde dans le bureau. Moi je ne veux pas autant de monde ici. Il y a trop de monde dans ce bureau », martèle la présidente de bureau.

Coronavirus ? Respect des consignes de sécurité en ce qui concerne l’épidémie ? En fait, non ! Le bureau de vote ne paraît guère être rempli.

– Il est 18 heures. Il est 18 heures, avertit Cedric Cornet.
– Il est 18 heures je sonne, et je ne veux pas voir autant de monde ici ». Elle agite la cloche. La vidéo qui circule montre Cedric Cornet, vigilant à l’heure de fermeture d’un bureau.

Cet épisode de campagne, déjà appelé l’affaire du bureau de vote de Poucet va-t-il faire de Cedric Cornet un héros après avoir été vilipendé ?

« Tous ces gens là sortent » , continue la présidente du bureau.
« Madame, vous sortez », monte alors d’un cran la présidente, dans les secondes qui suivent, essayant manu militari de pousser hors du bureau une jeune colistière de Cornet.

« Ne me poussez pas ! » réagit cette dernière, résistant à l’assaut.

Cedric Cornet arrive à hauteur de la présidente de bureau, qui lui donne un coup de coude et de clochette. Une adjointe de la présidente de bureau se met à filmer l’altercation.

Cornet faisant demi-tour, accompagné par une autre de ses soutiens, lui demande des explications, la regarde fixement, presque visage contre visage, mais mains baissées.

Les échanges houleux se concluent comme suit de la part de cette dernière : DROIT A L’IMAGE ! KI MOUN KA DIW EN KE METEY ASI WHATSAPP ! KI PWOBLEM AW ?

Ce à quoi rétorquent Cédric Cornet et sa colistière : POU KI SA OU KA FILME !

Pourquoi cette tentative d’intimidation ? Cédric Cornet serait-il si dangereux que cela pour les élus qui étaient en place. Avaient-ils des choses à cacher ?

Deux remarques.

On ne peut pas empêcher la surveillance du dépouillement lors d’un scrutin.
Une autre remarque d’ordre politique.

La formation de Cedric Cornet en tête des votes, a déjà modifié l’échiquier politique, au point de mettre un terme définitif à la carrière de certain(es) postulant(es) à la mairie.

La défaite de ses opposants vient de loin. Pour certain(es), incapables de s’élever au-dessus de la gestion des dividendes politiques, restant piteusement accrochés à leur cercle de contraints, de copinages et d’accointances, à l’attribution d’emplois fictifs, d’embauches de suppléants, leur défaite morale était inéluctable et la sanction des urnes est sans appel.

Dans l’île du docteur Gillot (article du 18 avril 2015), nous indiquions qu’on assistait au déclin irrémédiable de ce dernier dans sa zone d’influence naturelle. Le Tribunal administratif avait déjà sanctionné les agissements d’une ère où le personnel politique, sans scrupules, attribuait cadeaux et postes.

Pour d’autres, c’est peut-être la municipalisation de la politique, au détriment d’enjeux nouveaux et obsédants (question de l’eau, de l’environnement, de la vie tout simplement), qui a fait cruellement défaut.

Au niveau de l’environnement, qu’a-t-il été fait pour le Gosier ?

Puisqu’il faut bien parler du Coronavirus, nous ne sommes qu’à l’aube d’épidémies encore plus mondialisées, selon les experts. L’arrêt total de l’économie pendant d’aussi longues périodes sera peut-être une constante dorénavant. Virus H1N1, épidémie du SRAS. Les cycles des pandémies paraissent réguliers. Or, l’objectif de nos décideurs mégalomaniaques est l’implantation de structures surdimensionnées.

Tenez, par exemple, l’agrandissement de l’aéroport Pôle-Caraïbes est-il une nécessité vitale ? A quoi nous servira un aéroport déserté ? La priorité ne serait-elle pas plutôt celle d’un CHU de Guadeloupe pouvant accueillir les malades du coronavirus ? La priorité ne serait-elle pas celle de l’eau ? Que les guadeloupéens et leurs visiteurs puissent se laver tout simplement les mains ? Que le plan de lutte contre les sargasses soit enfin efficient. Car des échouages massifs sont attendus pendant les prochains mois.

Et que dire des désormais célèbres croisières ? Des milliers de passagers confinés exposés aux épidémies et aux virus, surtout qu’est ciblée généralement une population âgée, et à risques. On pourrait supposer que fortes de ce précédent, les autorités sanitaires établissent des plans de prévention. Et que cela soit établi au niveau mondial ! Mais nous en doutons.

Quand on voit comment a été traité le problème du Covid-19 en Guadeloupe et en Martinique, alors que tous les scientifiques anticipaient une propagation rapide du virus, mais bien sûr, pas nos femmes et hommes politiques et les autorités sanitaires de Guadeloupe et de Martinique, ainsi que l’Etat- alors qu’il était prévisible qu’au contact de milliers de touristes italiens, le virus aurait toute latitude pour se propager dans nos îles-,

quand on voit comment les agences croisiéristes ont proposé des tarifs en baisse scandaleux pour attirer les pigeons et les naïfs, (des procédures pénales peuvent-elles être engagées ?),

quand on voit comment ces mêmes personnalités politiques ont montré comment elles faisaient peu de cas du virus, avec des milliers de sympathisants agglutinés et en liesse devant leurs mairies,

quand on voit comment alors que la pandémie circule dorénavant dans nos îles, nos mèdecins et infirmiers sont totalement démunis, il nous faudra désormais un tremblement de terre qui « désarticule » tous les leviers administratifs et de commandement pour que la population guadeloupéenne arrive à survivre.

Jamais une domination administrative, d’autres diront coloniale, n’a rendu nos populations plus étrangères à elles-mêmes.

« On peut dire qu’aux Antilles, tout est piège. Tout est trompe-l’œil, tout est masque, aussi bien l’école que l’hôpital, aussi bien la Sécurité Sociale que… les élections » Les Antilles dans l’Impasse Editions L’Harmattan 1981.

Continuerons-nous en période cyclonique critique à garnir nos congélateurs de produits micro-ondables ? Les universités américaines HBCU « historically black colleges and universities » telles Spelman College, Lincoln University ou Morehouse College ont-elles jamais tenté nos jeunes ?

Nos choix et notre mode de vie calqués sur les représentations des pays riches, doivent nous pousser à une critique radicale de la forme même de la société actuelle qui entraîne l’humanité à la catastrophe.

Nous avons des routes, des constructions, des aéroports, des monoprix et des magasins de mode, mais nous sommes touchés jusqu’à la moelle, disait Césaire.

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Théo LESCRUTATEUR

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