Société

Aux Antilles et en Guyane nous sommes déjà les bagnards de ce Nouveau Monde

Antilles et Guyane : Votre voisin(e) dans l’avion est un(e) trafiquant(e) de drogue.

Trafiquants de cocaïne par milliers ! Au moins 10 000 mules par an ! Ce sont les statistiques en Guyane ! Comme ce jeune amérindien éclusant une bouteille de punch artisanal, cheveux peroxydés, jean tombant sur les fesses, sur les trottoirs de Cayenne. Quand les policiers l’ont intercepté avec 400 grammes de cocaïne ingérés sous forme d’ovules, il se trouvait déjà sous contrôle judiciaire pour des faits similaires. Un magistrat lui avait interdit d’approcher l’aéroport Felix Eboue. Son nom figurait sur les fichiers de police. Il n’avait aucune chance d’embarquer pour Paris.

Les candidats pour cette mission sont désormais si nombreux que le système judiciaire français n’arrive plus à faire face,nous prévient dans sa remarquable enquête Alexandre Kauffmann le 15 mai 2019 dans Le Monde.

C’est le profil type de la mule sacrifiée. Les trafiquants l’envoient au casse-pipe pour faciliter le passage des autres fantassins – au minimum une vingtaine de personnes sur les deux vols quotidiens à destination de Paris-Orly.
Les commanditaires savent que les contrôles se grippent après deux ou trois interpellations. Avec 400 g les pertes restent limitées.

Quand on sait que le palais de justice de Cayenne suite à la découverte d’amiante, a été fermé, on s’interroge sur l’efficience des procédures.

Les prises se multiplient également aux Antilles.

La cocaïne s’est démocratisée. En Europe et en Amérique Latine, les consommateurs sont légion. Ils seraient tout autant responsables que les mules. Pour ceux de la jet-set épinglés, au pire quand l’un abuse trop, on sort un papier larmoyant, on raconte un épisode d’enfant difficile et on conclut qu’il est plus à plaindre qu’à blâmer. Plus personne n’est vraiment responsable de ses actes, suggèrent les internautes.

Dans pas mal de milieux influents cette consommation est valorisée, ce sont ceux qui ne prennent pas qui rasent les murs.

Les Antilles et la Guyane ne deviendront pas des paradis tropicaux, mais ressemblent de plus en plus au bagne.

Nous sommes déjà les bagnards de ce Nouveau Monde. Nous porterons tous la tenue rayée, et nous ingérerons les boulettes de cocaïne. Après avoir mis notre corps en danger, ce n’est pas au CHU de Guadeloupe que nous pourrons être soignés, avant notre incarcération préventive.

 

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Théo LESCRUTATEUR

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