Société

AU GOSIER, LA TRAGEDIE DU ROI CHRISTOPHE

Ennio Morricone aurait pu siffloter son célèbre air lors de l’investiture de Cedric Cornet transformée en show avec comme protagonistes le bon, la brute et les truands. Le foyer viral de la corruption en Guadeloupe était-il au Gosier ?

Plus que Maire ? @Ici le Gosier

On a beaucoup entendu ces derniers jours, des responsables en appeler à l’autorité préfectorale, pour solliciter la révocation du nouveau maire du Gosier Cédric Cornet.

Mais parlons plutôt de l’héritier des maires Hélène, Gillot, Dupont et le dauphin désigné du deuxième tour, Jean-Claude Christophe qui n’a pu éviter la sanction de l’électorat et le désastre de l’ancienne majorité, une multitude de prétendants de cette ancienne équipe, s’opposant jusqu’au ridicule, tous avides d’occuper ce poste de maire.

Pour le survivant Jean-Claude Sulpice Christophe, c’est-à-dire celui qui a fait un peu mieux que ses autres ex-camarades (2365 voix), dans cette débâcle généralisée, ce fut un supplice.

Voici ce que nous ecrivions le 18 avril 2015 dans un article l’île du docteur Gillot : « Ce n’est un secret pour personne que derrière le maire actuel du Gosier Jean-Pierre Dupont, se profile l’ombre tutélaire de Jacques Gillot, ancien maire de la ville. Il y avait déjà eu l’érosion relative de leur base électorale lors des dernières élections municipales…

J-P Dupont avait indiqué que la victoire avait été remportée, «à l’issue d’une campagne d’une rare férocité »… Il avait pu lancer à l’adresse de Roberte Méri et Cédric Cornet, ses opposants « le compte à rebours a commencé pour l’un et la fin de la récréation est sifflée pour l’autre…» Or, Cédric Cornet, lors des départementales, a franchi la barre des 25 %, ce qui selon les observateurs, était un camouflet pour J.Gillot son adversaire ». (http://97land.com/lile-du-docteur-gillot/)

Comment se débarrasser des accusations de pratiques douteuses de tous ces élus, comme en témoignaient les recrutements du docteur Gillot, ex-maire du gosier et ex-président du conseil général, pratiques douteuses confirmées selon le jugement du tribunal de Basse-Terre en février 2015, par exemple pour un ami médecin payé 5 200 euros par mois pour une semaine de travail ou pour un directeur adjoint de l’agence départementale d’insertion, initialement nommé par son père, lui aussi président du conseil général à la fin des années 1990, « aux salaires mensuels nets de 10 000 euros par mois, voiture de fonction de plus de 200 chevaux tutoyant les 50 000 euros, ainsi que maison dont le loyer était fixé à 2 500 euros chaque mois que le bon Dieu a fait », selon les formules caustiques du syndicat ayant porté à la connaissance du public toutes ces affaires.

Comment ne pas écouter l’ex-président du conseil régional de la Guadeloupe, Victorin Lurel parlant du clan qui l’a combattu, et dénonçant maintenant « ceux qui tiraient les ficelles, je les connais c’est le clan du gosier, je n’ai jamais été administrateur du SIAEAG, je n’ai jamais voyagé, ni mangé, ils allaient à Sint-marteen, à Santo Domingo, ils allaient à Cuba ».

Comment ne pas lire le rapport de la chambre régionale des comptes, accablant pour l’équipe municipale ?

D’autres rapports confirmeraient un détournement de fonds de plus d’un milliard d’euros, destiné à l’origine à la rénovation du réseau d’eau potable au Gosier.

Le mode de facturation aurait consisté à facturer aux clients le montant réel des consommations, alourdi d’une somme représentant le recouvrement (d’hypothétiques) travaux de rénovation du réseau d’eau potable.

Une carte collaborative de la corruption lancée par Transparency International, comptabilisait les affaires de corruption, en France.
En Outre-mer, les collectivités de Polynésie et de Saint-Martin comptent le plus d’affaires de corruption. Plus précisément en Guadeloupe, Transparency International avait recensé 8 affaires depuis 2006.

« Crise de la morale, détresse morale, échec et défaite des idées morales, ces mots retentissent un peu partout comme un leit-motiv, presque comme un glas dont les notes trop graves et la sonorité canaille échouent dans leur gosier » écrivait C. Besse, dans Lettre de France en 1906.

L’immense défaite de ces politiques aurait pu être atténuée par notre inclinaison au pardon naturelle. Sauraient-ils se conduire en chefs après leur défaite ? Or, J-C Christophe et trois autres conseillers de la liste ont choisi de ne pas assister à cette réunion. Comment ne pas y voir une fois de plus le côté désespérant et peu glorieux de ces femmes et hommes mercenaires de la politique, en plus de l’échec cuisant et déshonorant de leur pseudo-famille électorale ?

On espérait une remontada, du panache…

Or, dès le début de la séance, en plus du fait que le conseil municipal devait prendre acte comme nous venons de le dire l’absence de Jean-Claude Christophe, on apprenait la démission de deux conseillers élus de la liste de Jean-Claude Christophe, Jean-Claude Montout et Yvan Martial, immédiatement remplacés par les deux suivants de la liste.

Remarquons au passage, qu’au plus haut niveau de l’Etat, Castaner était un bluffeur qui n’avait pas oublié ses années de joueur de poker sur la place marseillaise. Même si justement se trouve un casino au Gosier, nous pensions que la politique c’étaient des valeurs plus qu’un casino.

Notre article fait référence à une pièce célèbre, La tragédie du roi Christophe, d’Aimé Césaire. L’écrivain met en scène le destin tragique d’un homme et de son pays, Henri Christophe. Une fois l’indépendance conquise et le règne de Jean-Jacques Dessalines achevé, avec le général Henri Christophe, Pétion proclame la République. Henri Christophe est nommé président de la République par le Sénat.
S’opposant à Pétion, Il refusa ce titre et fondera un royaume au Nord dont il sera le roi. C’est l’occasion de se souvenir de quelques phrases célèbres de ces hommes terribles, et fondateurs de l’état haïtien.

« Je vous fais sauter si les Français pénètrent dans ce fort ». Paroles de Dessalines lors de la bataille de la Crête-à-Pierrot le 11 mars 1803. Une autre phrase célèbre : « Si tu trahis ma confiance, ta tête tombera comme celle d’un canard ».
De Henri Christophe « La nécessité d’être homme, et homme libre, voilà le seul terme de mes calculs ».
La déclaration d’un autre haïtien, Soulouque attire notre attention. Il était en poste quand on vient lui annoncer son élection à la présidence de la République : « Si je suis nommé chef d’Etat, je saurai me conduire en chef » mars 1847. Nos nouveaux élus ont-ils du Soulouque en eux ?

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Théo LESCRUTATEUR

Théo LESCRUTATEUR

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