Culture

PAROLES D’ESCLAVES DANS L’HORREUR AU QUOTIDIEN

AU-DELA DE L’HORREUR, DES ESCLAVES NOUS PARLENT :  « Elise, Victoire, Nicolas, Marcelin, Jean, Pauline, sont morts dans ce cachot » indique l’esclave Cécilia ( Trois-Rivières Guadeloupe).

LIBRES ET SANS FERS – Paroles d’esclaves français (collection Fayard Histoire-année d’édition 2015)

GUY LUBETH, présentateur de l’ouvrage, et Gilda GONFIER co-auteur, et invitée exceptionnelle de l’ASCODELA, ont admis que l’existence de témoignages d’esclaves est extraordinaire, mais ont surtout voulu faire émerger comme idée force, qu’on ne peut que se sentir redevables de ces femmes, hommes et enfants, que nous avons dénigrés, parce que nous ne les jugions pas dignes de la geste héroïque développée par les hautes figures de l’épopée anti-esclavagiste.

Il nous faut «  coder » désormais dans nos consciences, dans nos gênes, dans nos mémoires, ces habitants des plantations ou des bourgs fracassés, mutilés ou morts, et leurs résistances et luttes multiformes .

L’ASCODELA avait comme il est de tradition, réservé le mois de mai à l’étude d’un essai, rompant ainsi avec la présentation habituelle de romans ou de textes poétiques. Ce mois est également celui des commémorations, et plus particulièrement des abolitions de l’esclavage en Guadeloupe et en Martinique.

Nous ne pouvions donc pas occulter l’une des rares publications où s’expriment des esclaves des colonies françaises. En effet, la plupart des autobiographies ont été écrites par des affranchis des colonies britanniques et des Etats-Unis. ( plus d’une centaine dans ces derniers).

 Twelve years a slave » autobiographie de Solomon Northup, publiée aux Etats-Unis en 1853, est la plus connue, puisqu’elle a fait l’objet d’une adaptation cinématographique à succès en 2013 par Steve Mc Queen.

Dans un essai de référence, «  Les Esclaves Noirs, Pour une histoire du silence », l’historien Hubert Gerbeau relève cette phrase de l’écrivain Edouard Glissant «  les colons ont laissé les vestiges qu’ils ont voulus ». Frederic REGENT, Gilda GONFIER, et BRUNO MAILLARD ont exploité les témoignages recueillis par les greffiers des tribunaux, dans des procès que les esclaves intentaient contre leurs maîtres, ou dans lesquels ils étaient impliqués au titre d’affaires criminelles.

Mais pourquoi ce titre : « Libres et sans fers » ? C’était l’expression consacrée, quand les esclaves étaient présentés et s’exprimaient devant les tribunaux.

Volontairement décalé, il tranche avec l’abomination des témoignages, traduite avec la rigueur implacable des historiens, dans un style accessible et sobre, sur 17 chapitres qui traitent tous d’une thématique.

Une introduction méthodologique, et un glossaire avec des notes, des renvois, et des sources, soulignent l’orthodoxie scientifique à laquelle se sont adossés nos trois auteurs.

Frédéric REGENT est actuellement Maître de conférences à l’université Paris-I Sorbonne. Bruno MAILLARD est actuellement en poste à l’université de la Réunion. GILDA GONFIER est directrice de la Médiathèque du Gosier depuis 1996. Elle est l’auteur de nouvelles, de scénarios, de pièces de théâtre et de documentaires.

La période principale couverte par les recherches : la Monarchie de Juillet, se caractérise par une accélération des procédures judiciaires qu’il convient toutefois de nuancer

Gilda Gonfier

Gilda Gonfier

Gilda GONFIER nous indique que la période sur laquelle se sont concentrés les chercheurs pour la plus grande part a concerné la Monarchie de Juillet ( 1830-1848 ).

La monarchie tente à l’instar du code noir, de légiférer pour imposer des normes communes. Le code d’instruction des affaires criminelles qui prévaut en France est d’ailleurs appliqué, tant à la Réunion qu’aux Antilles, dans les années 1827-1828.

Les procédures judiciaires enclenchées sont donc symptomatiques d’une appropriation par les esclaves de ces règles nouvelles.

On est déjà dans un système esclavagiste «  édulcoré », qui pourtant nous laisse pétrifiés face au délitement des esprits que révèle l’instruction des affaires. L’ambiguïté des procédures criminelles de cette « période de transition » se révèle également par l’acquittement quasi-systématique des maîtres, ce qui provoque une onde d’indignation.

Un langage créole, vecteur de communication

Le créole est la langue des colonies, parlée à la fois par les maîtres et par les esclaves. Se juxtaposent alors, dans le même témoignage, soulignent les historiens, la langue châtiée et procédurale de la déposition au juge instructeur et du français créolisé, voire même des mots créoles.

Dans l’affaire Vallentin, maître qui a fait subir des mauvais traitements à son esclave Sébastien ayant entraîné sa mort, le compte-rendu est établi comme suit :

-Adeline, la veuve de Sébastien, esclave de Monsieur Vallentin, à Marie-Galante : «  Les tritris (cloportes )lui avaient mangé le visage et les jambes : mangé li tout partout ( mangé de partout )

– Réville, le fils de Sébastien, dans sa déposition à charge contre son maître Vallentin, déclare : «  Je saignais en pile ( beaucoup)

– Louis, commandeur de Monsieur Vallentin : » Oh!oui, j’ai bien piqué li ( je l’ai bien fouetté)

Toujours à Marie-Galante, le 19 octobre 1846, sur l’habitation Loreal, le géreur Filias Boulogne ordonne à son commandeur de fouetter son esclave Michel, victime d’une syncope, alors qu’il travaillait. Le commandeur témoigne de l’état du malheureux après le châtiment. «  Il était comme yon moune mort ( un homme mort) ».

Sur l’habitation La Montagne en Martinique, l’esclave Jean-Baptiste déclare : Je descendis l’escalier sur mon bonda ( mes fesses )

Un rapport de forces triangulaire dans lequel prévaut une conception féodale

Guy LUBETH met en avant un rapport de forces ambivalent, fondée sur une une confrontation triangulaire.

Le pouvoir royal

Le Roi, pourrait être présenté comme le PDG d’une firme. Firme de « l’inhumanité », chacun en est bien conscient, mais qui tente de retirer une plus-value économique du «  capital humain » représenté par les esclaves. Il voudrait que les colonies soient gérées de façon efficace. Le cadre législatif qu’il souhaite imposer, tout comme le célèbre Code Noir, objet de tant de polémiques historiques, se heurtent à la conception de caste féodale des maîtres.

Des maîtres féroces

Ils font régner sur leurs habitations une discipline mortifère. Le va-et-vient incessant des esclaves entre les cachots mouroirs et la plantation nous sidère. Quel intérêt avaient les maîtres à causer autant de souffrances à leurs travailleurs serviles ?

Aucune explication rationnelle ne peut être apportée. L’aliénation mentale des maîtres, une psychose collective ont été le terreau des instincts primitifs les plus barbares.

Si les maîtres en général sont blancs, des libres de couleur comme Jean-Antoine Amé-Noël, accusé du meurtre d’un esclave marron Jean-Pierre, peuvent être mis en cause dans les affaires judiciaires. Le système esclavagiste, crée donc ses bourreaux autant que ses victimes.

Les mots d’ Aimé CESAIRE , dans « Discours sur le colonialisme », sont plus que jamais d’actualité. «  Car enfin, il faut en prendre son parti et se dire une fois pour toutes,que (toute classe) est condamnée à être chaque jour plus hargneuse, plus ouvertement féroce, plus dénuée de pudeur, plus sommairement barbare, que c’est une loi universelle que toute classe, avant de disparaître, doit préalablement se déshonorer complètement, et que c’est la tête enfouie sous le fumier que les sociétés moribondes poussent leur chant du cygne ».

Et dans un autre essai de référence, « Esclavage et colonisation »,  CESAIRE a établi que la généralisation pendant des siècles de l’esclavage en Amérique, a préfiguré le nazisme et les camps de concentration. «  que l’on se représente ( les camps de concentration) mais à l’échelle immense -, celle des siècles, des continents-, l’Amérique transformée en univers concentrationnaire, la tenue rayée imposée à toute une race… »

Des esclaves zombifiés, suppliciés, et pourtant craints

Il convient de réconcilier notre imaginaire du marron et les stratégies opportunistes mises en place par les esclaves, car le simple fait de rester en vie est déjà un acte d’héroïsme.

Notre relation hystérique avec des ancêtres supposés être des combattants glorieux, ou des esclaves passifs, chosifiés et résignés prend du plomb dans l’aile.

Si certains camps de marrons emblématiques font l’objet actuellement de très intéressantes recherches, le marronnage pratiqué en général, tel qu’il est restitué par les archives judiciaires, se situe à proximité immédiate des habitations, et se limite à des rapines ( vols de poules, de caleçons )et à quelques dégradations.

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Des zombies

La quasi-totalité des esclaves est atteinte de phtisie ( due à la consommation excessive de tabac). De même les consommations immodérées d’alcool favorisent les troubles psychologiques ou psychiatriques.

Au regard des maîtres, l’alcool constitue un moyen supplémentaire pour rendre leurs esclaves plus dociles et étouffer toutes formes de contestation ou d’opposition.

Le Dr Joseph Marizot exerce à la Réunion entre 1830 et 1836. « Plusieurs sont trouvés dans un état de coma, avec une jambe, un bras, entièrement consumés par le feu ». Sur les plantations ou les chemins ruraux, il est courant de rencontrer des esclaves dans la plus complète nudité. Les faits sont attestés depuis le XVIIIème siècle, et le phénomène a perduré jusqu’à l’abolition de l’esclavage.

Ces esclaves sont dans un état de sous-nutrition permanente. On suggère même que le phénomène actuel d’addiction au sucre dans les anciennes colonies proviendrait de cette période marquée par les carences alimentaires.

Si les lois édictées précisent que le maître (ou ses représentants) se doivent de distribuer chaque semaine les denrées nécessaires à la subsistance sans que les vivres que ce dernier aurait recueillis dans son jardin créole, puissent rentrer en compensation, ces textes ne sont pas appliqués. L’arrêté local du 2 floréal an XI ( 22 avril 1803), réaffirmait ce principe à la Guadeloupe en précisant la superficie du jardin concédé par le maître, estimée à 12 carreaux ( 250 m2 ) par individu.

L’attachement au jardin créole  et l’énergie déployée par les esclaves pour son entretien, sont non seulement une question de survie, mais un des seuls espaces où se déploie de façon relativement autonome l’esclave. On s’aperçoit par exemple que le surplus monétaire que l’esclave retire de son jardin créole, lui permet d’acheter sa liberté dans certains cas.

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Les punitions rythment le quotidien des esclaves des habitations, où le maître se comporte en seigneur féodal.

Le fouet dit V. Schoelcher « est une partie intégrante du système colonial. Le fouet en est l’agent principal. Le fouet en est l’âme . Le fouet est la cloche des habitations, il annonce le moment du réveil, et celui de la retraite. Il marque l’heure de la tâche, le fouet encore marque l’heure du repos ; et c’est au son du fouet qui punit les coupables qu’on rassemble soir et matin le peuple d’une habitation pour la prière. Le jour de la mort est le seul où le nègre goûte l’oubli de la vie sans le réveil du fouet. »

Les maîtres des Antilles et de la Réunion font peu de cas des dispositifs juridiques mis en place pour «  encadrer »  l’usage du fouet. Dans le cadre des tournées effectuées par les magistrats du parquet auprès du tribunal de 1ère Instance de Saint-Denis, (Réunion), dans le cadre de l’ordonnance royale du 5 janvier 1840, les juges constatent qu’il est fréquent que certains maîtres fassent porter de 40 à 50 le nombre de coups de fouet pour sanctionner leurs esclaves d’une faute domestique.

Mais les maîtres disposent de nombreuses autres formes de châtiment, et tout d’abord le baillon.

L’esclave Mercure appartenant à M Vallentin en précise la description. «  Les baillons étaient faits comme des mors à cheval. Cela faisait un peu mal.Mais, les nègres qui les portaient étaient humiliés. Eux tenir honte et les autres nègres riaient ». Rémi, un autre esclave de Valentin.   « J’aurais mieux aimé recevoir quelques coups de fouet. Le baillon gêne. Et puis les nègres me voyaient avec un baillon riaient de tous côtés. Je me disais en moi-même qu’ils ne pourraient pas rire très longtemps, car leur tour viendrait. »

L’autre instrument de torture est le sabot, poutre percée de trous où l’on enferme une jambe ou les deux jambes du condamné à la hauteur de la cheville. Julien, créole âgé de 9 ans, esclave du sieur Benoît, Saint-Louis ( Réunion ), en fait la triste expérience dès le plus jeune âge, et doit être hospitalisé dés la fin de son calvaire.

Ce petit être, gardien de bestiaux, n’a pas réussi à accomplir la tâche qu’on lui avait confiée. Il paiera de sa vie l’inhumanité des adultes. Mais les autres entraves sont légion : barre, chaînes, carcan, anneau de fer.

Le propriétaire fait appel à un forgeron, esclave ou homme de couleur libre. L’usage de chaînes est très répandu dans les colonies, même dans les dernières années de la période esclavagiste, puisque le Procureur du Roi, en 1822, près le tribunal de première instance de Saint-Paul, en 1842, s’offusque de leur usage.

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Le raffinement dans les sévices peut confiner à l’ignominie.

Sur l’habitation Morne à Savon (Baie-Mahault), Lafranque, âgé de 26 ans, né à Bagnères (Hautes-Pyrénées), géreur d’une exploitation qui produit de la poudrette, un engrais composé de fumier animal, de terre, et de matières fécales humaines, oblige les esclaves punis à ingérer des matières fécales.

Sur une autre habitation, c’est le maître en personne, Texier LAVALADE, (à Trois-Rivières, Guadeloupe) qui aurait administré ou fait administrer cette atroce punition. En 1847, l’esclave Cecilia témoigne contre son maître.  « Céline avait le mal d’estomac. Devant moi mon maître a fait retirer de la fosse un cadavre, des parties pourries de ce cadavre, les a mêlées avec des excréments et les a fait avaler à Céline. C’est Hector qui a fait manger cela. Elle est morte au cachot le lendemain ».

Hector nie avoir été l’exécuteur de ce traitement infâme, mais confirme en avoir reçu l’ordre de son maître. Dans l’instruction, les témoins ont donné à ce terreau, le nom de « Crème de Mort. »

Dans l’affaire Vallentin, le commandeur semble avoir utilisé son pouvoir de coercition pour administrer une punition abjecte. Réville accuse ainsi le commandeur Louis  «  Il me faisait manger ces saloperies avec un petit bout de bois, et quand je rejetais le caca, il me battait. C’est Louis qui m’ fait manger de la m…Louis ment quand il dit que ce n’est pas vrai »

Une place à part doit être réservée au cachot.

Dans l’affaire Texier Lavalade, il s’agit d’une modeste caisse en bois ( 1,95 m de longueur pour 1,15 m de largeur et 1,08 m de hauteur). Texier LAVALADE dans les dépositions de Cécilia, estime qu’il y a souvent des simulations qu’il faut punir. «  Tous les nègres malades sont mis dans le cachot. Elise, Victoire, Nicolas, Marcelin, Jean, Pauline, sont morts dans ce cachot ».

Les excréments ne sont pas retirés qui ont desséché là, précise Cécilia. L’esclave peut être enchaîné dans la prison, ce qui renforce la sanction.

Dans une autre affaire célèbre, Lucile, mulâtresse âgée d’environ 40 ans, esclave de Douillard Mahaudière ( Anse-Bertrand- Guadeloupe), qui restera enchaînée 22 mois, dans un cachot, déclare : Sans le secours de mes enfants, on m’aurait laissée dans mes ordures, et j’étais couverte de vermine… «  C’était mes enfants qui m’apportaient du pain, le coupaient en petits morceaux, et on me le faisait passer par dessous la porte, je l’attirais ensuite avec un bâton ».

Elle a bénéficié des faveurs du maître à un certain moment, puis est tombée en disgrâce.

Une de ses filles est issue selon la rumeur d’une relation avec Douillard Mahaudière. Ce dernier l’accuse d’avoir empoisonné sa femme.

D’après les termes du procès, elle était attachée à une barre de fer et sa main droite prise dans un anneau.

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Le régime carcéral extrême auquel elle est soumise, et l’amaigrissement qui en résulte, font qu’à un certain moment de sa détention, elle peut enlever sa main du collier qui l’enserrait !

C’est une affaire emblématique, car Douillard Mahaudière est considéré comme «  un bon maître », selon les témoignages des esclaves, et reçoit tout au long du procès des appréciations favorables .

La perversité d’un système dans lequel un individu a pratiquement le droit de vie ou de mort sur un groupe de personnes, en fonction de ses humeurs ou de ses phobies est ici illustrée.

Car la société esclavagiste est une société pénétrée par la peur de chacun de ses acteurs, les esclaves comme les maîtres

Aux XVIIIe et XIX ème siècles, un étrange fléau affole les colons des Antilles françaises : le poison.

Les imputations de crime d’empoisonnement participent d’un système de croyances magiques qui amène les maîtres à prêter aux esclaves des pouvoirs occultes qu’il convient d’éradiquer. C’est un prétexte pratique pour se déresponsabiliser et se déculpabiliser, face à leurs propres agissements criminels. Ils répondraient en quelque sorte au crime par le crime.

Pour Gilda GONFIER, cette expérience l’a rendue plus forte, et elle consacre désormais toute son énergie à retracer le parcours de ces héros de l’ombre.

Ses recherches traduites ici dans l’essai collectif Libres et sans fers, ont nourri également des fictions, comme le Cachot, pièce de théâtre radiophonique, inspirée du procès Vallentin.

Elle assure que finalement, nous ne nous en tirons pas trop mal. Nos régions devraient sombrer dans la folie la plus complète, hantées par Texier Lavalade, qui tout au long du procès, affiche un sourire narquois. Que nos sociétés essaient tant bien que mal de recoller les morceaux de cette histoire terrible, est déjà en soi prodigieux.

De Bernard Phibs dans l’assistance qui a cité Glissant : «  Notre histoire est un vertige », à Michel Bangou qui a fustigé les postures imbéciles du racisme, tous ont salué les travaux de recherche, et la modestie qu’il convient d’adopter quand on traite de notre histoire.

Daniel MAXIMIN avait résumé cette nouvelle démarche : « La commémoration a un sens si elle n’est pas déviée. Car plus important que le devoir de mémoire, il y a le droit à l’histoire. Il faut que toute l’histoire soit dite : pas seulement celle des douleurs, mais surtout la plus cachée, celle des résistances.

La mémoire doit autant privilégier la parole des opprimés que la condamnation du discours de l’oppresseur. Elle doit montrer que l’esclavage a perdu, qu’il n’était pas fait pour fonder des sociétés, des cultures. Donc il ne doit y avoir ni ressentiment, ni ressassement, ni posture victimaire.

CESAIRE disait : « Attention haïr, c’est encore dépendre ».

Daniel C.

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