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ANNUS HORRIBILIS POUR ALFRED MARIE-JEANNE ET ARY CHALUS

ANNUS HORRIBILIS POUR ALFRED MARIE-JEANNE ET ARY CHALUS

Leurs élections avaient sucité une vague d’enthousiasme en Martinique et en Guadeloupe en décembre 2015. Ont-il réussi à garder la flamme ? Et pour nos amis lecteurs Guyanais se sentant oubliés, que dire d’autre sinon que les annus horribilis se succèdent et se ressemblent…

Il ne reste plus de la collectivité de Martinique, qu’un défilé de clowns. Et dire que des politiciens martiniquais s’étaient attribués le qualificatif pompeux de G 20 !

Combat Ouvrier du 26/09/2015 se moquait dès l’origine à juste titre, du machin, du joujou, du hochet, de la tempête dans un verre d’eau ! De notre côté, nous avions titré le 10/10/2015 «  Des Antillo-Guyanais marcheront-ils sur la lune ? » pour brocarder le sérieux avec lequel les femmes et les hommes politiques martiniquais et les commentateurs attitrés de l’île, pris d’une soudaine frénésie « constitutionnalisante », racontaient avec gourmandise que des experts internationaux et d’éminents universitaires, disséquaient les contours de cette innovante, révolutionnaire et incroyable synthèse contractuelle passée avec le peuple.

Le caricaturiste du Guardian, Steve Bell, raillait l’image désastreuse renvoyée par le Royaume-Uni dans le monde, en dessinant la Première Ministre et les membres du gouvernement paradant sur un drapeau britannique déguisés en clowns grotesques. 

Mais alors que dire de la CTM, et des querelles idéologiques qui la transpercent et la déchirent de toutes parts ? On ne peut que regarder avec circonspection le spectacle risible que nous offrent le patriarche martiniquais, et ses affidés, livrant bataille en permanence à leurs ennemis politiques, avec pour conséquence le blocage de tous les dossiers, l’explosion de la dette de la collectivité, et le désarroi d’une population zombifiée et consternée.

Que nous réserve ce monstre administratif, (4 000 agents pour une population qui ne dépasse pas les 400 000 habitants) ?

Vous souvenez-vous de nos modestes -mais empreintes de bon sens- « prophéties » pour l’année 2017, mises en ligne le 17 septembre 2016 par 97Land dans notre article « Nul besoin de Nostradamus pour l’Outre-mer » ?

« L’emblématique tramway à l’arrêt, les querelles entre indépendantistes de droite et conservateurs de gauche paraîtront bien vaines, alors que tous les voyants seront au rouge. »

Or, en ce début d’année 2018, les conditions ne sont toujours pas réunies pour la marche à blanc du TCSP, pompeusement appelé tramway, soit 14 bus de 24 mètres articulés possédant des portes latérales. Cela a déjà coûté plusieurs centaines de millions d’euros comme le rappelait Le Canard Enchaîné cette semaine.

ET POUR ARY CHALUS ?

Etait-il allé savourer sa victoire, fin 2015, avec Olivier SERVA, son ministre de l’économie, à la limite des eaux territoriales de la Guadeloupe ? Tous les deux, se sont-ils mis debout à l’avant du bateau, les bras en croix, en criant : « We are the kings of the world. WOULO BA PEP GWADLOUP » !

Un moment d’une très grande intensité qui vous porte tellement que des tas de grandes idées se bousculent dans vos têtes.

Adoubé par le suffrage universel, il a postulé, en mars 2016, spontanément, légitimement, selon lui, à la présidence du Conseil de surveillance de Guadeloupe Port Caraïbes, Il croyait vraiment qu’il avait fait le plus dur. Quoi de plus classique , dans un parcours politique, que de briguer un poste ambitieux au nom de la passion, de la vocation et de l’amour de la Guadeloupe ? Quoi de plus légitime ?

Il ne sait plus comment tout est parti en vrille : il a perdu le fil des évènements. Ne lui reste plus en bouche que le goût amer d’un rêve brisé, qui a éclaté comme une pastèque trop mure devant ses yeux d’utopiste trop naïf.

La gifle reçue lors de l’élection au Conseil de surveillance du port, l’humiliation administrée par le Ministère des sports qui a court-circuité le Conseil Régional de la Guadeloupe quant à la tenue de la Coupe Davis en Guadeloupe, étaient pourtant des signaux qui auraient du l’alerter.

Comme en Martinique, les dossiers économiques se sont piteusement dégonflés, (on n’ose même pas parler du problème de l’eau), les problèmes sociaux n’ont jamais été aussi criants, les dossiers environnementaux sont aux abonnés absents, la violence qui gangrène la Guadeloupe ne suscite même plus de réaction de la part du Président qui clamait fièrement, il y a peu. « Je ferai en matière de sécurité pour la Guadeloupe, ce que j’ai fait pour Baie-Mahault » !!!

C’était faire preuve d’une méconnaissance totale du problème sécuritaire, compétence régalienne, comme le répètent les policiers, et qui s’articule avec des politiques de prévention inexistantes.

Les cyclones et l’incendie du CHU ont démontré l’impuissance flagrante des exécutifs locaux face à des catastrophes.

L’annonce de la possible nomination de CHALUS à un poste ministériel (il avait eu du flair en soutenant MACRON), avait suscité cependant de grands espoirs chez ses partisans, vite déçus.

Bien entendu, les briseurs de rêves, les mauvais perdants, les jaloux, les ennemis et ceux du suffrage universel ont aussitôt bavé, éructant de sarcasmes et de quolibets, en clamant qu’il était évident que Chalus n’avait pas la carrure nécessaire d’homme d’Etat, et se moquant ouvertement de lui.

Il était quand même très abattu, comme toute victime qui se respecte.

Mais s’il suffisait d’aimer !

Nous pensons entendre ses confidences : J’ai commis beaucoup d’erreurs pendant ces deux années. Mais j’apprends. Mon rôle n’était pas tout à fait au point, l’état de grâce a une fin, d’autres épreuves m’attendent. *

Nos deux présidents ne le savent pas encore, mais le pire est à venir.

Tant pour le tramway en Martinique, que pour l’eau en Guadeloupe, devrons-nous subir l’humiliante promenade de l’âne, avec en tête de cortège, MARIE-JEANNE ET CHALUS, nous qui n’avons de cesse de dénoncer l’Etat français, mais que nous appelons au secours en permanence ?

En 1162, les Milanais insurgés contre l’empereur allemand Frédéric 1er Barberousse, avaient fait subir à l’impératrice cette humiliante promenade. Ils l’avaient chassée de leur ville, et fait monter, à défaut d’âne, sur une vieille mule, mais à rebours, c’est-a-dire le visage tourné vers la queue de l’animal – rite de dérision.

Frédéric 1er s’étant emparé de Milan, fit enfoncer une figue dans l’anus de la bête et obligea tous les Milanais captifs à saisir publiquement cette figue avec les dents, et à la remettre au même lieu, sans l’aide de leurs mains, sous peine d’être pendus sur le champ, et ils étaient obligés de dire au bourreau présent : Ecco la fica. ( Voici la figue ). Mais si c’est la solution pour que le gouvernement français nous donne l’absolution, et consente à intervenir pour que le tramway roule en Martinique, et pour que l’eau coule en Guadeloupe ?

* pastiche de Jean Sarkozy Ma vie, mon œuvre, mon scooter Editions Nova

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Théo LESCRUTATEUR

Théo LESCRUTATEUR

1 Comment

  1. Mariz
    janvier 6, 2018 at 02:25 — Répondre

    un article pleins de bon sens et de réalité mais le constat effectué que faire, pour que Martinique et Guadeloupe se dirigent vers un avenir plus serein, pour que les institutions jouent leurs rôles, pour que stoppe la derive de notre jeunesse, pour que nos entreprises soient performantes;
    je ne crois plus au réunonites locales et hexagonales, nous sommes devant un échec locale pour chacune de ces deux îles, seront nous capables de remonter la pente, capables de reprendre le pays en main, capables d’avoir des objectifs commun et de pouvoir oublier les guéguerres plus stupides que stériles
    Au dela de nos question sommes nous capable d’apporter réponses et solutions!

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