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Alors les dirigeants de Verone, Balotelli entend des voix ?

L’ancien attaquant de Manchester City, Mario Balotelli, a lancé un ballon dans les tribunes après avoir été la cible d’insultes racistes dans un match de Serie A. Mais bizarrement les dirigeants du Hellas Verone eux, n’ont rien entendu.

Balotelli, joueur du club de sa ville natale, Brescia, a menacé de quitter le terrain au cours du match contre Vérone, les supporters du Hellas lui lançant des cris de singe. Il a été convaincu de rester par ses coéquipiers et les joueurs de Vérone avant que l’arbitre Maurizio Mariani n’initie le protocole antiraciste. Le match a été suspendu 4 minutes tandis que le speaker lisait un message réclamant l’arrêt des insultes.

Après le match, l’entraîneur de Vérone, Ivan Juric, a nié les injures venant des tribunes, déclarant à Sky Sports Italia : « Je n’ai pas peur de le dire, aujourd’hui il ne s’est rien passé. Aucun cri raciste, rien de rien. Juste du chambrage, des sifflets, de la provocation envers un grand joueur, c’est tout. Les insultes racistes me dégoûtent. Je me fais traiter de gitan de merde en permanence. Mais aujourd’hui il n’y a rien eu. Pas un petit peu, pas une personne, rien. Dire le contraire, c’est un mensonge ».

Le président de Vérone, Maurizio Setti est sur la même longueur d’ondes : « Il est faux de généraliser, en parlant de chants racistes. Personne n’a rien entendu. Les fans de Vérone manient l’ironie, mais ne sont pas racistes.

En tant que club, nous sommes les premiers à condamner ceux qui lancent de telles insultes, et les suspendons. Nous sommes un club dont le public a le sport dans son ADN. Nous avons beaucoup de joueurs noirs. Notre public est ironique, pas raciste. Nous ne pouvons pas contrôler vingt mille personnes au stade. Mais nous sommes en règle sur tous les points. Depuis huit ans, depuis que je suis ici, nous avons toujours été bons dans ce domaine. »

L’agent de Balotelli, Mino Raiola, a apporté son soutien total à l’ancien joueur de Nice. « Nous sommes avec Mario. Nous sommes contre toutes les formes de racisme. Les racistes sont des ignorants. »

Les exactions racistes des ultras de Verone ne datent pas d’hier. En novembre 1982 lors de la rencontre Verone-Cagliari, le joueur péruvien Julio Cesar Uribe a le triste privilège d’avoir été le premier à subir des jets de bananes des Brigate Gialloblù. En avril 1996, les ultras de l’Hellas Verone portent une cagoule du Ku Klux Klan et pendent un mannequin noir pour s’opposer au transfert d’un joueur originaire du Surinam avec une banderole : « Le nègre nous vous l’offrons pour nettoyer le stade ».

En janvier, Olivier Dacourt pour Canal + avait rencontré  un supporter de Verone se justifiant ainsi. « On va dire que c’est fait pour perturber le joueur, de la même manière que lui peut nous énerver en marquant un but et en venant exulter sous notre virage en faisant certains gestes… Les cris de singe qu’on entend au stade ? C’est parce que le joueur est noir que ça nous encourage à le faire. C’est comme ça depuis la nuit des temps, le singe est foncé, il grimpe aux arbres, il fait ‘houhouhou’. Alors on le répète et on l’associe à cette chose-là. »

Balotelli déclarait en juin dernier : « Aujourd’hui, je ne sais pas si c’est du vrai racisme ou de la jalousie… Ça fait mal, il est temps que l’Italie devienne comme la France et l’Angleterre. il est l’heure de se réveiller « .

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