Culture

ADRIENNE FIDELIN LE MODÈLE OUBLIÉ PAR TOUS

Quand un modèle de la Guadeloupe rencontrait une sculpture africaine à Paris dans les années 30. Une étoile filante face à une culture séculaire.

À occasion du 30e anniversaire du Musée Dapper, parmi les 130 œuvres d’art présentées, une reine “bangwa”  camerounaise qui du haut de ses 85 cm a fait se prosterner les Européens. Entrée en 1990 au musée Dapper, elle fut acquise en 1934 par Arthur Speyer qui la céda à Charles Ratton; celui-ci la vendit à Helena Rubinstein en 1935. En l’admirant, ayez une pensée pour la guadeloupéenne Adrienne Fidelin qui posa avec elle.

adrienne 5

En 1936, cette jeune danseuse surnommée Ady rencontre Man Ray. Il a 46 ans, elle en a 23. Il est en train de révolutionner l’art photographique. Il est stupéfait par son aptitude à capter la lumière. Elle devient son amante, son modèle et sa muse. Elle est adoptée par les surréalistes Pablo Picasso, Lee Miller, Man Ray, Leonora Carrington, Max Ernst, et autres. Tous auront droit à la célébrité, à des études et essais… sauf elle.

Man Ray travaille pour des journaux américains appartenant à William Randolph Hearst (le vrai magnat de la presse évoqué dans Citizen Kane), interdisant la publication de photographies de noirs dans ses magazines. Une exposition de coiffes du Congo belge à la Galerie Charles Ratton à Paris et une illustration dans le Harper’s Bazaar voit cette ségrégation se  fissurer. Une noire a droit pour la première fois à la lumière.

Son teint clair et le fait qu’elle soit française a-t-il influencé positivement le rédacteur en chef ? C’est possible. Son charme et  son naturel ont fait le reste. Mais le conte de fées s’arrete là pour Adrienne. La guerre voit Man Ray repartir vers les USA. Il semble que par la suite elle se consacrera à la danse. Restent les clichés et sa présence.

adrienne fidelin

La rencontre de l’Afrique et des Antilles illustrant un magazine américain

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6 Comments

  1. Oceane
    janvier 26, 2016 at 17:58 — Répondre

    Vous ne dites pas si elle est encore de ce monde et si elle a eu de enfants. Peut être sa famille a-t-elle des documents intéressants ?

  2. teyteau
    septembre 19, 2016 at 14:10 — Répondre

    cher monsieur,
    Adrienne Fidelin est née en 1915 à Pointe à Pitre, et décédée en 2004 dans le sud de la France. Elle n’a pas eu d’enfants. Le modèle que vous présentez à côté d’une statue en bois africaine n’est pas Adrienne. Avec une journaliste américaine, je mène depuis trois ans toute une série de recherches pour en savoir plus sur sa vie,
    Bien cordialement,
    JP Teyteau

    • septembre 19, 2016 at 17:53 — Répondre

      Nous serions intéressés d’en savoir plus sur elle nous aussi. Nous sommes prêts à diffuser un appel si cela pouvait vous aider.
      N’hésitez pas à nous contacter.

    • Turbeaux
      février 12, 2017 at 13:16 — Répondre

      Bonjour Monsieur Teyteau,

      Je suis intéressée par vos recherches sur Madame Fidelin! Comment pourrais-je vous contacter?

      D’avance merci à vous,

      M Turbeaux

      • teyteau
        avril 26, 2017 at 10:10 — Répondre

        bonjour Monsieur,
        excusez le retard…
        Pour me joindre : jp.teyteau@gmail.com
        A bientôt,
        JP Teyteau

  3. teytaeu
    octobre 10, 2016 at 16:40 — Répondre

    Justement, je termine en ce moment un récit, fait pour moitié de photographies représentant Ady et pour moitié de textes inspirés chacun par ces photographies.
    Ady n’a pas eu d’enfants, mais elle avait des frères et soeurs, soit en Guadeloupe, soit en Métropole. Elle avait aussi une nièce dasn les sud de la France, qui avait elle même des enfants. Ady s’en est occupé à un moment, peut-être dans les années 70 ou 80. J’aimerais les retrouver.
    Merci à vous si vous pouvez m’aider.
    JP Teyteau, Paris

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