Culture

Adieu veau, vache, Cité des Outremers !

Le 20 mars 2017 notre titre « La cité des Outre-mer en 2019 ? Chiche ! » avait déclenché la fureur d’intellectuels ultramarins bien pensants, nous expliquant par A plus B que nous n’y connaissions rien. Lors de la soirée du CREFOM dans les salons de l’hôtel de ville de Paris, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement a discrètement enterré le projet physique de CdOM sans déclencher de tollé.

« Il faut que les murs tombent, que les cultures ultramarines rayonnent, puissent irriguer notre territoire et fertiliser la création artistique au sein de l’Hexagone » a-t-il déclaré. « C’est dans cette perspective que la Cité des Outre-mer verra le jour, sous une nouvelle forme, pas forcément entre quatre murs ».

L’ancien cinéma désaffecté du parc de la Villette le Cinaxe ne sera donc pas la plaque tournante de la culture ultramarine. En octobre dernier, Annick Girardin ne remettait pas en cause le projet, mais cherchait à « l’affiner », espérant une collaboration du ministère de la culture et de la région Ile de France, attendant les Assises des Outre-mer pour le redéfinir. « Oui la Cité des Outre-mer, je ne sais pas aujourd’hui quelle forme elle aura, mais elle existera ».

Alors à quoi s’attendre ?

Lors de son inauguration, Erika Bareigts l’ex ministre déclarait  : « J’ai tenu à ce qu’en plus du lieu physique, une Cité virtuelle soit créée : un site Internet, riche en contenus et en expositions numériques, permettra ainsi de faire voyager la culture par-delà les frontières et les océans. Il est fondamental que nous garantissions à nos trois millions de compatriotes ultramarins une continuite notamment grâce aux nouvelles technologies ».

Le développement des visites virtuelles liées aux musées a débuté avec l’explosion d’Internet dans les années 1990, systèmes se focalisant sur la diffusion d’oeuvres numérisées à l’intention de publics éloignés.

On peut donc imaginer une « cité hors mur » à moindres frais, piste privilégiée par le gouvernement au grand dam de George Pau-Langevin : « Le projet de la Cité des Outre-mer installé en plein Paris était le moyen d’affirmer que les Outre-mer ne sont pas quelque chose de périphérique, que les Outre-mer faisaient partie de la culture nationale de la France. C’était une reconnaissance, une manière de justice à l’égard de toute ces cultures qui ne trouvent pas suffisamment leur place dans les théâtres ou les salles de spectacles de notre pays ».

Il ne reste plus à Annick Girardin qu’à nous convaincre du modernisme du nouveau projet,  » formidable opportunité pour les artistes ultramarins de présenter leurs oeuvres au monde entier par la magie du web » après 9 mois de reflexion aux assises. Et le plus grave c’est qu’il est certain que parmi nos détracteurs de mars 2017, quelques uns en seront persuadés.

 

 

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Joël DIN

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