Société

A Bas du Fort, un espace public a-t-il eté privatisé ?

Le Conseil départemental déplore les amalgames qui rapprochent les événements récents autour de l’accès à la plage de l’Anse des rochers à Saint-François – qui ont suscité une émotion légitime – de la problématique de l’accès depuis la rue du Fort fleur d’épée à une petite crique contiguë à la résidence départementale de Bas du Fort, au Gosier.

Or, au-delà des apparences, ces deux situations n’ont rien de semblable.

Fin 2016, la présidente du Conseil départemental, Josette BOREL-LINCERTIN, a dû prendre, pour des raisons de sécurité, une mesure conservatoire en rendant inaccessible un sentier conduisant à cette petite crique d’une cinquantaine de mètres située en contrebas de la résidence départementale.

Ce sentier, aujourd’hui présenté de manière mensongère comme ayant toujours existé, a en réalité été créé il y a moins de 5 ans.

Son ouverture, décidée par le Conservatoire du littoral sans réelle concertation avec le Conseil départemental, a très rapidement généré de multiples intrusions d’individus dans l’enceinte de la résidence départementale où travaillent quotidiennement des agents de la collectivité, dont l’intégrité physique a été plusieurs fois menacée sérieusement.

Devant cette situation nouvelle que le Département n’a pas créée, la présidente du Conseil départemental – qui n’habite jamais la résidence – a donc choisi, non pas à cause de « simples nuisances » mais pour des raisons évidentes de sécurité, de protéger les agents de la Résidence ainsi que les nombreux utilisateurs de ce site remarquable du patrimoine départemental qui accueille à longueur d’année des manifestations publiques.

Le 15 mars 2017, par communiqué, le Conseil départemental avait indiqué qu’il entendait « étudier les moyens à mettre en œuvre, en lien avec les autorités de l’Etat » – également propriétaire d’une résidence de fonction dans cette zone – « afin de garantir la sécurité de la Résidence départementale et de son personnel, en vue de permettre la réouverture d’un accès au littoral ».

Le Conseil départemental indique cependant, qu’à ce jour, les conditions permettant la réouverture en sécurité d’un tel accès ne sont toujours pas réunies.

D’abord, le risque d’intrusion demeure et avec lui les menaces sur le personnel, malgré les travaux de renforcement des clôtures opérés ces derniers mois. Ensuite, le sentier escarpé et dangereux dans l’obscurité conduit certains promeneurs qui l’empruntent à l’aller à remonter au retour par les jardins de la Résidence en escaladant ses clôtures. Enfin, les discussions entre le Conseil départemental et les services de l’Etat concernant les délimitations de plusieurs propriétés foncières sur le territoire – dont le terrain sur lequel est implanté le sentier – n’ont pas encore abouti.

La présidente du Conseil départemental saisit donc le Conservatoire du littoral afin qu’il reprenne au plus vite la concertation avec les différents propriétaires publics et privés de la zone afin de permettre, selon sa mission, l’accès au littoral dans les conditions de sécurité les meilleures, aussi bien pour les promeneurs que pour les riverains.

Josette BOREL-LINCERTIN réaffirme que son souhait n’est en aucun cas de privatiser un espace public reconnu comme tel, mais bien d’organiser son accès tout en protégeant la résidence départementale – qui fait partie du patrimoine guadeloupéen – et en garantissant la sécurité de son personnel.

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