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50 personnes pour Andy ? Stop aux RIP de convenance et une vraie solidarité plutot

« Tu aurais pu être leur fils, leur frère, leur ami, leur cousin… » comme le disait Dorothée. Mais ils étaient trop occupés ailleurs… Seule une poignée lui a rendu un hommage. Requiescat in Pace la locution latine, mille fois prononcée, est devenue notre nouveau moyen de nous donner l’illusion de compatir au malheur des autres.

 

« La solidarité est le sentiment de responsabilité et de dépendance réciproque au sein d’un groupe. Les problèmes rencontrés par l’un de ses membres concernent l’ensemble du groupe. La solidarité conduit l’homme à se comporter comme s’il était directement confronté au problème des autres, sans quoi, c’est l’avenir du groupe qui pourrait être compromis ». (Citoyen de demain)

Il y a encore quelques jours, nous étions tous des Andy, jeune martiniquais tué à Chatelet. Chacun avait une pensée pour sa mère et dénonçait le manque de civisme des témoins du crime, certains filmant le corps étendu sur le sol.

L’émotion etait forte au sein de la communauté. Et alors qu’une marche silencieuse était organisée à Paris le samedi 27 janvier, alors que tous ceux qui avaient pleuré et écrit RIP sur leurs claviers pouvaient lui rendre hommage, seule une cinquantaine de personnes ont daigné donner de leur temps, de leur personne et arborer un tee shirt à son effigie.

La faute en revient en premier aux organisateurs qui ont pensé que leur cause intéresserait les médias nationaux qui captaient il y a peu leurs moindres dires. C’est méconnaitre leur fonctionnement. Au bout de 15 jours, le public réclame de la « nouveauté » et un communiqué  de presse ne garantit aucunement la reprise de l’information. Ce type de rassemblement ne peut être correctement relayé que par la presse communautaire et par une identification à une personne relais. Mais cela ne peut nous dédouaner de notre abscence.

Il est vrai qu’un samedi en début d’apres-midi, parmi nos 150 000 antillais recensés en Ile de France, nous etions tous trop occupés, que c’est l’hiver, que Châtelet est bien sûr le lieu le plus compliqué d’accès en transport et blablabla… Trop fatigués de notre mois de décembre et nos « 50 000 chanté  nwel », nous avons attaqué les soirées carnaval en attendant le salon de l’agriculture pour manger un bokit. Viendra ensuite le printemps, la foire de Paris, notre deuxieme bokit et les vacances au pays…

Avant l’arrivée des réseaux sociaux, il n’existait aucun moyen de partager un deuil, à moins de se rendre aux funérailles. Si 1% de nos compatriotes s’étaient déplacés, il y aurait eu 1 500 personnes à son hommage. Chiffre trop optimiste, ils n’étaient pas 150 mais 3 fois moins. Et parmi eux de nombreux sages de toutes les mobilisations, de toutes les causes. Les autres non concernés (c’est à dire quasiment nous tous) réclameront la fois prochaine le respect, la solidarité.

Ah, qu’il est facile de se moquer des bals-boudin-accras de nos aînés ! Mais concrètement, qu’avons-nous fait de mieux ?

 

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Joël DIN

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1 Comment

  1. Thierry
    janvier 31, 2018 at 19:22 — Répondre

    C’est facile de dire que personne n’est venu, encore fallait il être au courant.
    Autour de moi, personne ne le savait.

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